Un cliché de la «Triade » exposée.
Il émane une atmosphère romantico-onirique de cet authentique travail photographique réalisé au sein d’une réserve naturelle du Kesrouan, «après beaucoup de recherches et d’essais sur la composition et la lumière».
Composée de trois grandes photos d’un même sous-bois, cadre idyllique en clair-obscur où gît, à chaque fois, un corps de femme différente, ainsi que d’une quatrième les réunissant toutes les trois, cette «Triade» (intitulé de l’exposition) de Georges Zouein fait, implicitement, référence aux déesses de la mythologie, figures animistes de la nature et des forêts.
En tout et pour tout, 4 tableaux photographiques, de grand format (150 x 95 cm), exhibant ces corps féminins, d’une esthétique dénuée du moindre érotisme et que l’on dirait «suspendus dans le temps et dans une mort incertaine», comme l’incarnation de la beauté absolue.
Pour sa première exposition individuelle, ce jeune artiste, photographe autodidacte mais au talent certain, a choisi d’exprimer sa conception de l’art photographique en tant que vecteur de rêve et d’émotion.
«Mon but n’est pas vraiment de créer des scènes virtuelles qui ne peuvent pas exister, précise-t-il. Et, en même temps, je ne m’intéresse pas du tout à la réalité des choses. Ce qui me motive, c’est de figurer quelque chose qui a pu – ou qui pourrait – exister.» Comme une réalité idéale intégrée au sein d’une nature très présente. Laquelle représente pour ce photographe romantique: «la beauté ultime qu’on a défigurée aujourd’hui».
* Beyrouth, La Quarantaine. Horaires d’ouverture : tous les jours, à partir de 16h.

