Une unité de l’armée s’est immédiatement déployée sur les lieux avant d’établir un cordon sécuritaire. La troupe, qui a immédiatement mis sur pied des patrouilles dans le périmètre de départ de la roquette, a ouvert une enquête pour retrouver les auteurs. Les soldats étaient accompagnés de deux hélicoptères qui survolaient le secteur. La Finul a également intensifié ses patrouilles dans la région.
Dès l’aube, l’armée israélienne a entamé un mouvement de troupes le long de la frontière est, en faisant circuler des patrouilles près des barbelés. À 7h, un char Merkava s’est positionné derrière des remblais dans l’axe de Abbassiyeh, a indiqué l’agence al-Markaziya, qui a également relevé l’intrusion de trois véhicules Hummer dans la partie libanaise du Ghajar. Le mouvement des troupes s’est accompagné d’un survol des avions israéliens du territoire libanais, au-dessus notamment du caza de Bint-Jbeil, des secteurs ouest et centre, ainsi que de la région de Jezzine et de l’Iqlim at-Touffah.
Dans un communiqué, l’armée libanaise a indiqué que des avions de reconnaissance israéliens ont violé l’espace aérien libanais à 6h40 au- dessus de la localité de Aytaroun et de plusieurs régions du Liban-sud, avant de se retirer à 9 h 20 du côté de Alma el-Chaab. Le communiqué a ajouté qu’à 9 h 20, des avions militaires israéliens se sont introduits de nouveau dans l’espace aérien libanais du côté de Kfarkila, avant de se retirer à 10 h 40. Le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a souligné dans un communiqué que la force onusienne a pris connaissance des survols israéliens qui, a-t-il dit, « ne constituent pas uniquement une violation continue de la 1701 et de la souveraineté libanaise, mais augmentent les peurs ressenties par les habitants, tout en contrecarrant les objectifs de la Finul et les efforts déployés en vue de réduire la tension et de sécuriser un environnement stable au Liban-Sud ».
L’incident de la roquette a d’ailleurs été au centre de l’entretien qu’a eu le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, avec le commandant de la Finul, le général Alberto Asarta. Le général Kahwagi, qui s’est rendu au quartier général de la force onusienne, a affirmé que « l’acte terroriste qui a visé les Casques bleus à Tyr, quelques jours avant le tir de roquette, est considéré comme une agression contre l’armée et l’État libanais, l’objectif étant de torpiller la stabilité au Liban-Sud ».
Le général Kahwagi a également rencontré l’envoyé spécial des Nations unies, Julien Harston, avec lequel il a évoqué la situation à la frontière, et des sujets en rapport avec la révision stratégique des tâches de la Finul.
À ce propos, notre correspondant au palais Bustros, Khalil Fleyhane, a indiqué que la France a décidé de réduire ses effectifs au sein de la force onusienne, soulignant que des tractations ont actuellement lieu au niveau militaire français parallèlement à la révision stratégique de la mission des Casques bleus qui a lieu à New York. Cette mesure préventive aura lieu en dépit des affirmations du Premier ministre français, François Fillon, qui avait déclaré au lendemain de l’explosion qui a visé les Casques bleus que l’attentat « n’entamera pas notre détermination ».
À ce propos, le directeur des organisations internationales au Quai d’Orsay, Nicolas de Rivière, est attendu à Beyrouth lundi prochain, afin de notifier les responsables libanais de la position de son gouvernement.
Boutros Assaker, ambassadeur libanais en France, s’est de son côté rendu au Quai d’Orsay pour exprimer la sympathie de son gouvernement à l’égard des forces françaises.
Les incidents du Liban-Sud ont continué à susciter des réactions d’indignation dans les milieux politiques. Ainsi, le ministre de la Défense, Fayez Ghosn, qui a reçu hier l’ambassadeur d’Italie, Giuseppe Morabito, a réitéré la condamnation du gouvernement libanais de l’attentat contre les Casques bleus. Le ministre a assuré que l’enquête se poursuivait, soulignant qu’il est prématuré de se lancer dans des hypothèses et des accusations infondées.
Pour sa part, Maan el-Assaad, secrétaire général du courant d’Ahmad el-Assaad, a estimé que le tir de roquette ainsi que l’attentat contre la Finul constituent des actes subversifs par excellence.


Il faut plutôt, Monsieur Juppé, transformer la FINUL en une force de frappe, et non plier bagage au moindre bruit... Anastase Tsiris
04 h 55, le 13 décembre 2011