Rechercher
Rechercher

Liban - L’Éclairage

Comme une lettre à la poste...

Quel que soit l’auteur de l’attentat d’hier vendredi contre la Finul, une chose est certaine, le Liban-Sud demeure la boîte aux lettres privilégiée à travers laquelle des « messages » politiques musclés, qu’ils soient locaux ou régionaux, peuvent toujours être envoyés incognito.
Supposé être un sanctuaire où l’armée, épaulée par la Finul, étend progressivement son autorité, le Liban-Sud est en réalité un no man’s land où, à côté de ces forces légitimes représentant l’État libanais, deux autres forces au moins, le Hezbollah et les Palestiniens, disposent d’une certaine liberté d’action, bien que clandestine.
C’est ainsi que, à l’occasion d’explosions accidentelles qui se produisent une ou deux fois par an, le Hezbollah a l’occasion de faire une démonstration de sa capacité à contrôler les secteurs visés, en attendant que toute preuve embarrassante de son activité militaire soit effacée.
Des camps palestiniens de Saïda et Tyr aux réseaux clandestins établis par le Hezbollah, au titre de la résistance, la situation sécuritaire du Liban-Sud est caractérisée par les stratégies de « flottement », ce qui rend difficile l’identification de la partie qui rompt le consensus établi par le Conseil de sécurité, depuis la guerre de l’été 2006, au Liban-Sud.
Dans certains cercles politiques, où l’on prête au Hezbollah une capacité militaire qui peut paraître surestimée, on se demande pour quelle raison le parti chiite ferme l’œil sur certaines agressions. Ces milieux rappellent que cet attentat est le troisième de ce type à être perpétré au Sud-Liban. Et d’ajouter qu’à seul titre défensif, la Résistance islamique devrait réagir dans des cas analogues, ou du moins se mobiliser pour n’avoir pas, à son tour, à recevoir des « messages » explosifs.
Cherche-t-on à pousser la Finul à s’en aller ? À déstabiliser le Liban ? Est-ce simplement un « message » d’avertissement adressé à la France de Nicolas Sarkozy? Voilà quelques-unes des questions qui se posaient naturellement hier aux responsables politiques. Le chef de l’État est convaincu que l’on cherche à pousser la Finul à s’en aller. La France a choisi de ne pas faire le lien entre cet attentat et l’appui politique et, semble-t-il, logistique, qu’elle apporte à l’opposition syrienne. Un observateur indépendant penche, pour sa part, en faveur de la thèse du « message », relevant que la puissance des charges posées sur l’itinéraire des convois de la Finul est telle que, jusqu’à présent, leur explosion n’a fait que des dégâts et des blessés, mais pas de morts. En outre, ces charges sont actionnées à distance et non télécommandées, afin de contourner les systèmes de brouillage de la force internationale.
Bien entendu, le Premier ministre – pour la forme – a demandé aux forces armées un rapport circonstancié sur cet attentat et l’arrestation de ses auteurs. Mais en mai, six Casques bleus italiens avaient été blessés par une bombe à Saïda. Et en juillet, toujours à Saïda, six Casques bleus français avaient été blessés par une explosion similaire à celle de vendredi. Ces deux attentats n’avaient pas été revendiqués, et tous les efforts pour en identifier les auteurs étaient restés sans résultat. Fera-t-on preuve de plus de sagacité cette fois ?
Il est permis d’en douter.
Quel que soit l’auteur de l’attentat d’hier vendredi contre la Finul, une chose est certaine, le Liban-Sud demeure la boîte aux lettres privilégiée à travers laquelle des « messages » politiques musclés, qu’ils soient locaux ou régionaux, peuvent toujours être envoyés incognito.Supposé être un sanctuaire où l’armée, épaulée par la Finul, étend progressivement son autorité, le Liban-Sud est en réalité un no man’s land où, à côté de ces forces légitimes représentant l’État libanais, deux autres forces au moins, le Hezbollah et les Palestiniens, disposent d’une certaine liberté d’action, bien que clandestine.C’est ainsi que, à l’occasion d’explosions accidentelles qui se produisent une ou deux fois par an, le Hezbollah a l’occasion de faire une démonstration de sa capacité à...
commentaires (2)

Ta douleur, cher André, sera donc éternelle, _ Et les tristes discours _ que te mets en l'esprit l'amitié CPL _ t'attristent-ils toujours ? Sincères condoléances ! Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

04 h 06, le 10 décembre 2011

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Ta douleur, cher André, sera donc éternelle, _ Et les tristes discours _ que te mets en l'esprit l'amitié CPL _ t'attristent-ils toujours ? Sincères condoléances ! Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    04 h 06, le 10 décembre 2011

  • - - Si le Hezb s'est permis de poignarder le CPL son allié politique en conseil des ministres , en faveur des Sunnites ! pourquoi ne le ferait-il pas avec l'armée et la Finul au Sud , toujours en faveur des Sunnites Palestiniens en fermant ses yeux et les laissant faire ! puisque c'est bien lui qui contrôle tout le Sud ?

    JABBOUR André

    01 h 38, le 10 décembre 2011

Retour en haut