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Liban/sud: sept blessés, dont cinq Casques bleus français, dans un attentat

Cinq Casques bleus français ont été blessés, vendredi dans l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule à Tyr, dans le sud du Liban, un attentat condamné par la France alors que l'opposition libanaise accuse Damas de l'avoir commandité.

La bombe, qui a aussi blessé deux civils, a été dissimulée sur le bas-côté de la route, sous de la terre, et déclenchée au passage de la Jeep des soldats de l'ONU en périphérie de cette ville côtière, a indiqué un responsable des services de sécurité sous couvert de l'anonymat.

Selon un porte-parole de la Force de l'ONU déployée dans le sud du Liban (Finul), Andrea Tenenti, les Casques bleus ont été transportés à l'hôpital local, et une enquête est en cours.

"Une équipe médico-légale de la Finul se trouve sur les lieux (de l'explosion, NDLR), et travaille en coopération avec ses homologues libanais pour déterminer les faits", a-t-il ajouté.

Un correspondant de l'AFP a vu trois des militaires, une femme et deux hommes, la tête bandée près de leur véhicule très endommagé. La violente explosion a creusé un cratère profond d'un mètre.

L'armée libanaise a indiqué qu'un des soldats était grièvement blessé au visage. Les deux victimes civiles sont de simple passants, selon la même source. Leur état n'était pas connu.

L'état-major des armées à Paris a précisé que quatre des Français blessés ont été "très légèrement touchés" et le cinquième "un peu plus sérieusement" atteint, sans que ses jours soient en danger.

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a affirmé que la France, "déterminée à poursuivre son engagement au sein de la Finul", "ne se laissera pas intimider par des actes aussi ignobles".

"La France demande que toute la lumière soit faite sur cet attentat", a poursuivi M. Juppé.

La Finul, créée en 1978 afin de surveiller la frontière entre le Liban et Israël, compte 12.100 hommes. La France en est l'un des plus gros contributeurs, avec 1.300 soldats.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a lui aussi condamné l'attaque, estimant qu'elle visait "la stabilité et la sécurité du Liban". Le président Michel Sleimane a affirmé dans un communiqué diffusé par son bureau que "cette attaque terroriste est destinée à pousser la Finul à quitter" le pays pour "laisser le champ libre à d'autres attaques terroristes".

"Nous estimons que de tels actes ne peuvent pas conduire à l'échec du processus de paix", a-t-il dit par ailleurs lors d'une conférence de presse à Erevan. "Je suis sûr qu'un pays comme la France, qui fait tous les efforts pour la paix dans le monde, ne cédera pas face à une telle provocation", a-t-il ajouté.

Des patrouilles de la Finul ont été touchées à plusieurs reprises ces dernières années par des bombes posées sur le bord des routes.

En mai, six Casques bleus italiens avaient été blessés par une bombe à Saïda (sud). Et le 26 juillet, toujours à Saïda, six soldats du contingent français de l'ONU avaient été blessés, par une explosion similaire à celle de vendredi. Ces deux attentats n'avaient pas été revendiqués.

Cette nouvelle attaque intervient alors que politiques et diplomates soulignent le risque que les violences en Syrie voisine, où le régime réprime dans le sang un soulèvement depuis neuf mois, gagnent le Liban, dont le gouvernement est dominé par le mouvement chiite armé Hezbollah, allié de Damas.

Le député Marwan Hamadeh, membre de l'opposition libanaise pro-occidentale, a accusé le régime syrien d'avoir commandité l'attentat.

"Pour moi, le message est clair. Ce sont les Syriens (qui sont derrière l'attaque, NDLR) et le postier est le Hezbollah", a-t-il déclaré à l'AFP. "Rien ne se passe là-bas sans l'approbation du Hezbollah", a-t-il estimé.

Les Syriens "accusent la France d'être le fer de lance de ce qu'ils pensent être un complot extérieur" contre leur pays, et "on sentait que quelque chose devait arriver", a-t-il estimé.

Un responsable du Hezbollah, joint par l'AFP, n'a pas souhaité réagir.

L'attentat de juillet avait poussé le président français Nicolas Sarkozy à faire savoir au Premier ministre libanais que la France pourrait remettre en question sa présence au sein de la Finul si un attentat semblable se reproduisait. Ce à quoi M. Mikati avait répondu qu'il souhaitait "fortement" que la France maintienne sa participation.
Cinq Casques bleus français ont été blessés, vendredi dans l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule à Tyr, dans le sud du Liban, un attentat condamné par la France alors que l'opposition libanaise accuse Damas de l'avoir commandité.La bombe, qui a aussi blessé deux civils, a été dissimulée sur le bas-côté de la route, sous de la terre, et déclenchée au passage de la Jeep des soldats de l'ONU en périphérie de cette ville côtière, a indiqué un responsable des services de sécurité sous couvert de l'anonymat.Selon un porte-parole de la Force de l'ONU déployée dans le sud du Liban (Finul), Andrea Tenenti, les Casques bleus ont été transportés à l'hôpital local, et une enquête est en cours."Une équipe médico-légale de la Finul se trouve sur les lieux (de l'explosion, NDLR), et travaille en...