Le vaste système de défense contre les missiles « ne va pas et ne peut pas menacer la capacité de dissuasion de la Russie », a déclaré Mme Clinton à l’issue d’un Conseil OTAN-Russie au siège de l’Alliance à Bruxelles. Elle a de nouveau expliqué que la menace à laquelle l’Europe aura à faire face « ne viendra dans l’avenir pas de la Russie, mais d’autres provenances ». « Franchement, il s’agit de l’Iran et d’autres acteurs, étatiques ou non, qui cherchent à développer la technologie balistique », selon elle.
Mme Clinton réagissait à la décision prise fin novembre par Moscou d’activer un système d’alerte antimissile à Kaliningrad, enclave russe aux portes de l’UE, que le président russe Dmitri Medvedev avait justifié comme une réponse aux « menaces » représentées par le bouclier de l’OTAN.
Lancé en 2010, ce projet est devenu l’un des principaux sujets de discorde entre la Russie et l’Alliance atlantique, affectant le rapprochement engagé ces dernières années. Moscou est irrité par l’accord donné par plusieurs pays proches, comme la Pologne, la Roumanie et la Turquie, au déploiement sur leur sol d’intercepteurs de missiles ou de radars, qui formeront l’ambitieux programme destiné à protéger l’Europe à partir de la fin de la décennie.
« Nous demandons des garanties claires à l’OTAN que ce système de défense antimissile ne visera pas nos capacités stratégiques », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Il est normal, selon lui, que Moscou soit préoccupé par l’installation par l’OTAN en Turquie d’un « radar puissant » qui « pourra couvrir une grande partie du territoire russe ». Il a également mis en garde contre les conséquences d’un blocage persistant sur ce dossier, qui pourrait affecter les autres coopérations entre l’OTAN et son pays, notamment en Afghanistan, alors que la Russie autorise le passage par son territoire de convois des forces internationales.
La Russie exige donc que l’Alliance lui donne des garanties écrites, juridiquement contraignantes. Mais l’OTAN, soucieuse de garder sa marge de manœuvre stratégique, veut se contenter d’engagements de nature politique vis-à-vis de Moscou. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, espère cependant aboutir à un accord à l’occasion du prochain sommet de l’OTAN, prévu en mai à Chicago.
(Source : AFP)


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