L’arrivée d’Elio Di Rupo, premier chef de gouvernement socialiste et francophone depuis 38 ans, due en grande partie aux pressions des marchés financiers et de l’Union européenne, ne soulève qu’un enthousiasme modéré dans le pays. Cela s’explique tout d’abord par la durée même de la crise, dont les multiples épisodes – démissions en chaîne des personnalités chargées de former le gouvernement, querelles byzantines sur la réforme des institutions du royaume, tractations d’apothicaires sur les postes ministériels – ont lassé la population.
Le nouveau gouvernement est aussi censé donner un nouveau souffle alors qu’il est la copie quasi identique de l’équipe sortante d’Yves Leterme qui a géré les affaires courantes depuis avril 2010. Seule différence notable, les socialistes flamands rejoignent dans la coalition les socialistes francophones et les libéraux et démocrates-chrétiens, tant flamands que francophones. Les Verts et les nationalistes flamands restent eux dans l’opposition.
Une équipe expérimentée, qui devra surmonter de nombreux défis et reste sous la menace de tensions entre les partis flamands et francophones, qui pourraient ressurgir rapidement, notamment lors de la mise en œuvre de la grande réforme institutionnelle prévue par l’accord de gouvernement. Principale force politique en Flandre, le parti indépendantiste N-VA juge largement insuffisantes les nouvelles compétences qui devraient être transférées aux régions. Confortée par des sondages qui lui donnent entre 35 et 40 % des intentions de vote côté néerlandophone, la formation de Bart De Wever s’apprête à mener la vie dure aux partis flamands de la coalition.
(Source : AFP)

