Marche à Tripoli pour soutenir le peuple syrien face aux exactions du régime Assad.Amro Ibrahim/Reuters
Deux autres Libanais ont été également blessés par les tirs, a d’autre part indiqué une source médicale précisant qu’ils avaient été hospitalisés dans la région du Akkar. Selon des habitants de Wadi Khaled, des combats, notamment avec des tirs d’obus, dans Tall Kalakh, ville syrienne située à la frontière, pouvaient être entendus jusqu’à leur localité.
M. Khazaal a expliqué que les tirs en direction de Wadi Khaled, qui ont duré une heure, avaient commencé après un rassemblement de réfugiés syriens du côté libanais de la frontière pour dénoncer le bombardement de Tall Kalakh (province de Homs) par les forces gouvernementales syriennes. L’armée syrienne a tiré de manière aveugle, a-t-il dit.
Selon des témoins, toutes les habitations proches de la frontière dans cette région ont été évacuées.
« Le pilonnage de Tall Kalakh à la mitrailleuse lourde et moyenne se poursuit dans cette localité encerclée par des dizaines de véhicules militaires blindés » depuis mercredi, a précisé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) dans un communiqué. Ces attaques « sont menées conjointement par l’armée, les services de sécurité et les milices » du régime.
Jeudi, les déserteurs avaient quitté la ville pour lui éviter une opération militaire d’envergure, a indiqué l’OSDH en relevant que les habitants n’avaient pas pu fuir vers le Liban « en raison du déploiement des forces syriennes sur toute la frontière ».
Les habitants menacent « de se défendre... »
La chaîne al-Jazira a rapporté également que le village de Arida, à la frontière avec la Syrie, a été pilonné. Les roquettes ont atteint diverses maisons de la localité. Le bombardement avait commencé jeudi soir. Un témoin oculaire a indiqué qu’environ deux cents chars et des milliers de soldats syriens se sont déployés aux alentours de Arida et que l’armée libanaise est arrivée dans la localité mais est vite repartie à cause des bombardements.
Le député Mouine
Merhebi, député du Akkar, a appelé dans une intervention télévisée l’armée à intervenir pour empêcher les tirs,et les habitants de la région ont menacé de se défendre tout seuls si l’armée n’exauce pas leur souhait. À Tripoli, une marche de soutien au peuple syrien émaillée de discours anti-Assad a suivi la prière du vendredi.
Par ailleurs, l’ambassadeur d’Iran au Liban, Ghadanfar Abadi, qui s’est réuni hier avec le ministre de la Santé, Ali Hassan Khalil, a estimé que l’embargo contre la Syrie est inutile.
L’uléma Afif Naboulsi s’est entretenu de son côté avec les ambassadeurs russe et syrien, respectivement Alexander Zassypkine et Ali Abdelkarim Ali. L’uléma a estimé qu’une guerre civile en Syrie arrangerait les Américains qui soutiennent l’entité sioniste.
M. Zassypkine a, de son côté, appelé à commencer un dialogue national en Syrie afin de parvenir à une solution négociée. M. Ali a pour sa part noté que la Syrie reste forte grâce à son peuple et ses institutions et elle fera face ainsi à tous les complots. Dans une déclaration, tenue au Liban-Sud, le député Ali Khreiss a indiqué que l’alliance du mouvement Amal avec la Syrie est stratégique. C’est également une alliance de principe, a-t-il ajouté.

