L’ex-chef d’État, le premier livré à la Cour depuis son entrée en fonctions en 2002, comparaîtra lundi 5 décembre devant ses juges. L’audience de comparution initiale est destinée notamment à vérifier son identité, à l’informer de ses droits et des crimes qui lui sont imputés, selon la CPI. Elle sera suivie dans les mois à venir d’une audience de confirmation des charges au cours de laquelle les juges examineront si les éléments de preuve de l’accusation sont assez solides pour la tenue d’un procès. M. Gbagbo, dont le refus de céder le pouvoir après la présidentielle de novembre 2010 avait plongé le pays dans une crise meurtrière qui avait fait 3 000 morts, était détenu depuis avril dans une résidence à Korhogo (nord de la Côte d’Ivoire).
« Ceci est le premier dossier en Côte d’Ivoire. Ce ne sera pas le dernier, ce n’est que le début », a commenté le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo. La remise à la CPI de M. Gbagbo consacre « la victoire de la corruption » et de « la magouille », a dénoncé l’ancien porte-parole du président déchu, Justin Koné Katina. Elle est, au contraire, « salutaire » pour la Côte d’Ivoire, et constitue un « élément-clé » pour tourner la page de la crise postélectorale, a réagi le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné.
Avec M. Gbagbo, le procureur Moreno-Ocampo a reçu sur un plateau, selon les experts, le « plus gros poisson » livré à la Cour depuis son entrée en fonction en 2002. L’ancien président ivoirien est le sixième suspect remis à la CPI, qui ne dispose pas de sa propre police. L’ancien vice-président de République démocratique du Congo, Jean-Pierre Bemba, était jusqu’ici le plus haut responsable arrêté. « Il y a eu d’autres mandats d’arrêt, comme celui contre Omar el-Béchir, mais bon, cela ne fonctionne pas », explique Goran Sluiter, professeur de droit pénal international à l’université d’Amsterdam, évoquant le président soudanais, recherché par la Cour depuis 2009.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine