Il n’en reste pas moins que le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani a semblé entrouvrir une porte hier à l’occasion d’une conversation téléphonique avec le président afghan Hamid Karzaï qui lui demandait de renoncer au boycott. Devant la presse à Islamabad, il a dit avoir répondu à M. Karzaï : « Si nous allons à Bonn pour vous, alors qui se portera garant de la sécurité » du territoire pakistanais ? « Je lui ai demandé d’en parler avec les États-Unis », a ajouté M. Gilani, semblant ainsi réclamer aux Américains qu’ils lui garantissent d’abord qu’ils n’attaqueront plus son pays.
Le boycott de la conférence de Bonn est la dernière mesure de rétorsion prise à la suite du bombardement samedi dernier de deux de postes militaires pakistanais près de la frontière afghane, la pire erreur de la force internationale de l’OTAN (ISAF) commandée par les États-Unis, depuis que le Pakistan s’est rallié à la « guerre contre le terrorisme » des États-Unis il y a dix ans. Le Pakistan a également bloqué le passage sur son territoire des camions de ravitaillement de l’ISAF, annoncé une révision de sa coopération antiterroriste avec les États-Unis et ordonné aux Américains d’évacuer une base militaire qu’ils utilisent dans le Sud-Ouest.
Les analystes jugent toutefois qu’un boycott pakistanais aurait surtout une portée symbolique et ne devrait guère changer la donne à la conférence de Bonn, tout en soulignant qu’Islamabad peut encore changer d’avis. Si sa participation est jugée symboliquement importante, le Pakistan, historiquement lié aux talibans, est surtout vu comme un acteur important dans le cadre d’un éventuel plan de paix avec les rebelles afghans destiné à éviter une guerre civile après 2014.
(Source : AFP)


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