Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Crise

Le Koweït touché par le printemps arabe, mais « différemment »...

Le vent de changement dans le monde arabe souffle désormais sur le Koweït. Le Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad al-Sabah, un membre éminent de la famille régnante, a ainsi dû présenter lundi la démission du septième cabinet qu’il a dirigé en cinq ans.
« La démission du gouvernement est le premier fruit d’une campagne contre la corruption lancée par la jeunesse », s’est réjoui hier un député de l’opposition, Fayçal al-Muslim, sur Twitter. L’opposition évite toutefois tout parallèle entre cette campagne et le printemps arabe qui a emporté depuis le début de l’année quatre chefs d’État, soulignant que la campagne n’est pas dirigée contre l’émir ou sa famille. « Le printemps arabe a atteint le Koweït, mais avec une différence », a expliqué Abdel Rahman al-Mutaïri, un jeune étudiant qui a vécu la révolution égyptienne, ajoutant que « personne ici ne demande le renversement du régime ».
Le Koweït, assis sur le dixième des réserves mondiales de pétrole, est un véritable État providence pour ses citoyens. Le pays a amassé plus de 300 milliards de dollars de réserves en douze ans grâce aux prix élevés du pétrole et a augmenté les salaires des Koweïtiens que les observateurs étrangers s’étonnent de voir manifester. Rappelons que dans le Golfe, le Koweït a été le premier à élire dès 1962 un Parlement et à se doter d’une Constitution relativement libérale, mais beaucoup pensent qu’après 50 ans, un changement démocratique est nécessaire. Le pays a un système unique, souvent décrit comme une « demi-démocratie » avec un Parlement qui peut renverser le Premier ministre et les ministres individuellement, mais pas tout le cabinet. L’émir a par ailleurs le pouvoir de nommer le Premier ministre qui a toujours été choisi au sein de sa famille, celle des al-Sabah, qui règne depuis plus de 250 ans.
Un groupe de jeunes avait ainsi appelé en septembre à une véritable monarchie constitutionnelle, un Premier ministre de l’extérieur de la famille régnante et des réformes du système électoral. Le parti Oumma (islamique) a demandé de son côté une légalisation des partis politiques, un gouvernement élu et une commission électorale indépendante. Le Mouvement progressiste, un groupe de libéraux, a quant à lui appelé à des réformes profondes pour aboutir à un « système parlementaire complet ».
« Je pense que la meilleure solution consistera à écrire une Constitution entièrement nouvelle (...) lors d’une conférence nationale élargie », a estimé l’analyste politique Dahem al-Qahtani.
Outre les réformes politiques, des groupes et des militants ont fait pression pour des réformes économiques pour mettre fin à la forte dépendance du pays par rapport aux revenus du pétrole qui fournit 94 % des recettes publiques. L’expert économique Jassem al-Saadoun a ainsi évalué que le pays aurait besoin d’un miracle pour maintenir le rythme actuel des dépenses publiques qui sont passées de 14,5 à 70,5 milliards de dollars entre 2000 et 2011. La facture pour les subventions et les salaires a été multipliée par six, à 47 milliards de dollars en cinq ans.

(Source : AFP)
Le vent de changement dans le monde arabe souffle désormais sur le Koweït. Le Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad al-Sabah, un membre éminent de la famille régnante, a ainsi dû présenter lundi la démission du septième cabinet qu’il a dirigé en cinq ans.« La démission du gouvernement est le premier fruit d’une campagne contre la corruption lancée par la jeunesse », s’est réjoui hier un député de l’opposition, Fayçal al-Muslim, sur Twitter. L’opposition évite toutefois tout parallèle entre cette campagne et le printemps arabe qui a emporté depuis le début de l’année quatre chefs d’État, soulignant que la campagne n’est pas dirigée contre l’émir ou sa famille. « Le printemps arabe a atteint le Koweït, mais avec une différence », a expliqué Abdel Rahman al-Mutaïri, un jeune...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut