« Nous sommes une brigade du Koweït », explique le lieutenant Andy Krochalk, de la 34e division d’infanterie. « En général, nous nous rendons une fois par semaine quelque part en Irak sur l’une des bases. Beaucoup de choses sont en train d’être déménagées (...) et nous les escortons vers le Koweït », indique-t-il alors qu’il s’apprête à grimper dans son véhicule blindé MRAP (Mine-Resistant, Ambush Protected). Les convois comportent en général de 30 à 40 camions civils et quelques semi-remorques militaires, indique-t-il. L’escorte se compose habituellement de 2 à 4 MRAP.
Le convoi qu’il gère est en partance de Victory Base, dans la banlieue de Bagdad, l’une des plus grandes bases américaines et l’une des dernières à fermer dans le cadre du retrait annoncé en octobre par le président Barack Obama et qui devra être terminé avant la fin de l’année. « Si vous n’avez pas de problèmes, vous pouvez prévoir environ 10 heures de route » pour rallier le Koweït à environ 500 km de là, indique-t-il, soulignant que cela « peut aussi en prendre plus de vingt, cela dépend des pannes ». Son unité, arrivée en juillet, a d’abord été chargée d’escorter des convois de ravitaillement vers l’Irak, mais a été réaffectée pour accélérer la gigantesque opération logistique que représente le retrait du pays de l’armée américaine, opérée pour l’essentiel via le Koweït.
Le convoi est amené à traverser des zones potentiellement dangereuses, comme les provinces de Babylone et Zi Qar au sud de Bagdad. « Beaucoup de gars sont passés par là, vous savez, nous connaissons les zones où des choses historiques se sont produites, donc certains endroits vous rendent un peu nerveux », admet le lieutenant. Mais « participer à ce retrait est super, c’est assez gratifiant », assure-t-il.
Le soldat spécialiste Kyle Beaulieu-Sanders, qui effectue sa première mission en Irak, est en charge de la tourelle du blindé qui ouvre la route. « Pendant tout le voyage, je suis assis là-haut », dit-il, expliquant qu’il est en charge de « la vue d’ensemble : je suis les yeux de la route, je dois repérer les débris et les choses sur la route pour le reste du convoi. Et on peut dire que le suspense est constant car vous ne savez jamais ce qu’il va y avoir. La plupart du temps, cela vous tient en alerte, cela fait circuler l’adrénaline : vous devez être sûr de ne rien rater, pour vous-même et pour le reste du convoi derrière vous », raconte-t-il.
Le soldat de première classe Joseph Arens, lui aussi pour la première fois en Irak, est chauffeur d’un autre MRAP. « Au bout d’un moment, cela devient un peu long, assis dans le camion. Nous sommes toujours sur nos gardes ; au début, c’était assez stressant, mais après, on s’habitue », indique-t-il.
De un à deux convois font généralement le trajet Victory-Koweït chaque jour, transportant généralement des équipements militaires et civils, selon la capitaine Andrea Hahn, en charge des relations publiques à la base. « C’est vraiment bien d’assister à ce genre de déménagement car cela montre que Victory est enfin en train de fermer et que nous allons partir », relève-t-elle.
Au 20 novembre 2011, quelque 2,1 millions de pièces d’équipement avaient quitté l’Irak et 400 000 autres restaient à évacuer, selon le major Kim Rey, porte-parole de l’armée américaine en Irak.
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