Des survivants et parents de victimes des attaques attendant le rapport d’expertise. Photo AFP
Selon ce rapport remis le même jour au tribunal d’Oslo, l’extrémiste de droite souffre de « schizophrénie paranoïaque », un diagnostic qui, s’il est confirmé, le rendra passible d’un internement dans un établissement psychiatrique, potentiellement à vie. « Les experts ont décrit une personne qui se trouve dans un univers illusoire où tous ses pensées et ses gestes sont régis par ses illusions », a déclaré le procureur Svein Holden lors d’un point de presse. Dans ce portrait délirant, M. Holden a cité « des illusions de grandeur » au nom desquelles Behring Breivik pensait pouvoir décider de « qui peut vivre et qui peut mourir ». Se considérant comme « le chevalier le plus parfait depuis la Seconde Guerre mondiale », l’extrémiste a déclaré avoir commis ses « exécutions (...) par amour pour (son) peuple ». Et s’il reconnaît les faits, Behring Breivik refuse de plaider coupable, estimant qu’il s’agissait d’un acte de guerre et que son geste était « atroce mais nécessaire ».
Rappelons qu’hostile à l’islam et au multiculturalisme en Europe, Behring Breivik avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement norvégien le 22 juillet. Puis, déguisé en policier, il avait fait feu pendant près d’une heure et demie contre un rassemblement de jeunes travaillistes sur l’île d’Utoeya, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale norvégienne. Au total, 77 personnes avaient péri, essentiellement des jeunes, dans ces attaques qui avaient profondément choqué ce paisible pays scandinave.
Les réactions au rapport psychiatrique n’ont pas tardé. Le parti de la droite populiste (FrP, opposition), formation anti-immigration à laquelle Behring Breivik a un temps appartenu, a réclamé une nouvelle expertise. Parmi les survivants du massacre surtout, les réactions étaient partagées. « Ça fait du bien d’entendre que cet homme est un fou », a estimé le jeune Adrian Pracon, lui-même gravement blessé à Utoeya, sur Twitter. « C’était évident qu’il n’était pas normal, mais on peut avoir des symptômes psychologiques assez lourds, tout en restant responsable » pénalement, a déclaré Torunn Kanutte Husvik.
Jarl Robert Christensen, qui a, lui, perdu sa fille de 15 ans sur l’île, s’est félicité que les conclusions des psychiatres soient les « pires possibles » pour Behring Breivik, qui se perçoit comme un penseur. Cela « pulvérise toute son idéologie et j’en suis satisfait », a-t-il dit à la chaîne TV2 Nyhetskanalen. « Mais pour nous, aucune sanction ne sera jamais suffisante », a-t-il ajouté.
(Source : AFP)


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Leçon de civilisation...à méditer d'urgence!
04 h 02, le 30 novembre 2011