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Culture - Exposition

La protestation silencieuse de Laudi Abillama

S’inspirant de la grande dépression américaine des années 20-30, l’artiste Laudi Abillama a projeté les questionnements du monde arabe sur une série d’œuvres qui sont accrochées à la galerie Art Circle* jusqu’au 8 décembre.

Une protestation silencieuse et bien éloquente sur sérigraphie.

Avec le temps, cette jeune artiste, dont les œuvres voyagent (Dubaï, Londres, notamment Sotheby’s, où elle a vendu récemment une toile dans le cadre de Shubbak), a réussi à se faire un label. Sa touche particulière et son approche de l’art classent Laudi Abillama parmi les talents émergents libanais. Et si on parle souvent de citoyen du monde, Abillama pourrait être considérée également comme une artiste du monde, bien qu’elle ait quitté Londres, la ville où elle est née, pour vivre à nouveau au Liban qu’elle considère comme un creuset de
civilisations.
Si donc elle est une artiste du monde, c’est parce que ses œuvres se nourrissent de ses voyages, de ses contacts avec les personnes ou espaces différents. Elles s’imprègnent des couleurs locales, mais regorgent d’influences contemporaines. Ne se restreignant jamais à un cadre spécifique, ses toiles grand format semblent souvent hors limites.
Pour cette nouvelle exposition qui se déroule dans l’espace temporaire d’Art Circle, Laudi Abillama présente un panorama mondial. Une sorte d’approche sociologique des microcosmes humains qui ne pointe pourtant pas du doigt un gouvernement quelconque.

Message personnel
Ce projet tire son essence de la période charnière que vit le monde arabe, tout comme cette période de grande dépression qui a réalisé un tournant décisif dans les États-Unis des années 20-30.
Pour Laudi Abillama, qui projette d’une façon éloquente mais néanmoins en silence les pensées de citoyens arabes et leurs revendications et, plus particulièrement, celles d’une jeunesse libanaise en pleine crise d’identité, il était essentiel de sélectionner des individus pour les mettre en vedette sur la toile. En effet, ayant remarqué que la pensée individuelle est souvent en contradiction avec les actes collectifs de la «masse», l’artiste a préféré faire parler quelques personnes au choix. À travers donc ses voyages, elle a opéré une sensibilisation aux problèmes de chacun. Tant pour l’artiste libanais et l’ouvrier égyptien, que pour le citoyen lambda coréen, Abillama les a transformés en «homme sandwich». Placardant leur corps de réflexions, ces personnages véhiculent leur message personnel ainsi que des énergies positives ou négatives.
Cette série de sérigraphies en nombre limité met donc à «l’affiche» les véritables acteurs de sociétés diverses en proie à leur instabilité, mais aussi en constante évolution. Le constat d’apparence fixe est pourtant le reflet de cette perpétuelle mouvance que Laudi Abillama a su reproduire à travers une technique
dynamique.

* Art Circle, rue Hamra, imm. Assaf. Ouverte du mardi au samedi de 11h00 à 19h00. Tél. : 03/027776.
Avec le temps, cette jeune artiste, dont les œuvres voyagent (Dubaï, Londres, notamment Sotheby’s, où elle a vendu récemment une toile dans le cadre de Shubbak), a réussi à se faire un label. Sa touche particulière et son approche de l’art classent Laudi Abillama parmi les talents émergents libanais. Et si on parle souvent de citoyen du monde, Abillama pourrait être considérée également comme une artiste du monde, bien qu’elle ait quitté Londres, la ville où elle est née, pour vivre à nouveau au Liban qu’elle considère comme un creuset de civilisations. Si donc elle est une artiste du monde, c’est parce que ses œuvres se nourrissent de ses voyages, de ses contacts avec les personnes ou espaces différents. Elles s’imprègnent des couleurs locales, mais regorgent d’influences contemporaines. Ne se...
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