Le casting présent sur le terrain reste quand même décent. Certes, un joueur a été trouvé dans la rue, mais il s’agit plus exactement d’une vedette du « streetball », nommée Baby Shaq, vedette des mix-tapes AND1. Ce cas mis à part, les effectifs sont composés de joueurs NBA (de second rang majoritairement) et d’anciens joueurs universitaires, draftés en juin, mais qui n’ont toujours pas enfilé leur maillot pro. Ni touché de chèque de salaire, d’ailleurs : « Évidemment, ça n’est pas une situation facile, explique ainsi Nolan Smith, ex-joueur star de l’université de Duke, mais l’on essaie d’en tirer le maximum en jouant contre des joueurs NBA. » Ryan Gomes, ailier des Los Angeles Clippers, explique tout de même la différence : « On n’est pas au même état de forme que si on avait repris. » Tyreke Evans confirme : « On essaie de s’entraîner tout seul ou ensemble au maximum, mais ce n’est pas la même chose. » Ces matchs sans véritable enjeu manquent aussi cruellement de rigueur et d’effort.
La NCAA peut-elle remplacer la NBA ?
Pendant le blocage, c’est le basket universitaire qui en profite le plus. Couverture de magazines d’habitude réservées au basket professionnel, exposition télévisuelle décuplée, le déjà populaire « College Basketball » profite de l’occasion. Lors du dernier lock-out, en 1998, l’audience TV avait ainsi augmenté de 22 % pour les matches NCAA. La chaîne ESPN en a déjà programmé plus pour combler le vide des matches NBA. Chaque évènement de ce volet du basket-ball américain (encore obscur pour le public européen) prend ainsi plus d’importance en l’absence de concurrence directe. Et ils n’ont pas manqué ces derniers temps : rencontre organisée sur un porte-avions à l’occasion du Veteran’s Day (11 novembre), honoré par la présence du président Obama, marathon de 24 heures de matches à travers le pays, moment historique avec le record de 903 victoires pour « Coach K » (Mike Krzyzewski, entraineur de Duke et de l’équipe nationale)... Petit à petit, la place laissée vacante se remplit. Ainsi, au Madison Square Garden la semaine dernière, ce ne sont pas les Knicks qui occupaient le terrain, mais des équipes universitaires, pour des matches où la comparaison avec la Ligue professionnelle faisait parler. John Calipari, coach de Kentucky qui a aussi entrainé en NBA, avait beau déclarer : « Les fans absolus de basket universitaire ne s’intéressent pas à la NBA, et vice versa », d’autres ne l’entendaient pas de la sorte. Comme le coach d’Auburn, Tony Barbee : « Si vous êtes fan de basket, vous êtes fan des deux, et si le lock-out continue, cela attire plus de monde. »
De fait, les deux ne sont pas tout à fait similaires en terme de format, de régularité, de localisation et – surtout – de professionnalisme, voire de talent. Aussi, ce que le public veut voir avant tout, ce sont les joueurs vedettes du championnat nord-américain. Mais en leur absence et sans véritable écrin pour faire briller ces stars, ce sont les jeunes qui sont sur le devant d’une scène laissée presque vide aux États-Unis. Autres temps, autres mœurs.


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