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Sport - Basket-Ball

La vie sans la NBA

Le lock-out sur le point de « tuer » la saison NBA, le basket universitaire et les matches d’exhibition prennent le relais avec plus ou moins de réussite. État des lieux et paroles aux intéressés.  « Nicolas Batum joue super bien en ce moment ! » Wesley Matthews, coéquipier du Français aux Portland Trailblazers, envie la réussite actuelle de celui qu’il surnomme « Nic » à Nancy. « C’est frustrant de ne pas pouvoir jouer, on devrait affronter les Pacers ce soir... Évidemment ce n’est pas ce que l’on est en train de faire là. » De loin, on pourrait penser que l’arrière de la franchise de l’Oregon n’est pas si mal loti : il vient de finir un match contre une équipe menée par Tyreke Evans, le rookie de l’année en 2010, lorsqu’il nous confie ces propos. Mais, de près, ce match montre bien le gouffre laissé par le lock-out. Cinq minutes avant le début de cette exhibition, on entend dans les vestiaires le coach de l’équipe composée de joueurs originaires de Washington s’exclamer : « Ah, c’est bon, on a bien trois arbitres ? Tant mieux ! » Ledit coach n’aura même pas de tablette pour dessiner des systèmes pendant la partie. Certains joueurs gardent leur propre short, alors que des maillots ont été imprimés à la va-vite pour ce Pro Jam Battle contre des joueurs issus du Connecticut, organisé à Bridgeport dans cet État voisin de New York. La plupart des stands de nourritures sont fermés et l’on comprend pourquoi lorsque l’on regarde les gradins : sur 9 000 sièges à remplir, seulement 1 600 sont occupés. Loin, très loin des arènes NBA. Les stars John Wall et Rudy Gay, annoncées pour participer, n’ont même pas fait le déplacement.
Le casting présent sur le terrain reste quand même décent. Certes, un joueur a été trouvé dans la rue, mais il s’agit plus exactement d’une vedette du « streetball », nommée Baby Shaq, vedette des mix-tapes AND1. Ce cas mis à part, les effectifs sont composés de joueurs NBA (de second rang majoritairement) et d’anciens joueurs universitaires, draftés en juin, mais qui n’ont toujours pas enfilé leur maillot pro. Ni touché de chèque de salaire, d’ailleurs : « Évidemment, ça n’est pas une situation facile, explique ainsi Nolan Smith, ex-joueur star de l’université de Duke, mais l’on essaie d’en tirer le maximum en jouant contre des joueurs NBA. » Ryan Gomes, ailier des Los Angeles Clippers, explique tout de même la différence : « On n’est pas au même état de forme que si on avait repris. » Tyreke Evans confirme : « On essaie de s’entraîner tout seul ou ensemble au maximum, mais ce n’est pas la même chose. » Ces matchs sans véritable enjeu manquent aussi cruellement de rigueur et d’effort.

La NCAA peut-elle remplacer la NBA ?
Pendant le blocage, c’est le basket universitaire qui en profite le plus. Couverture de magazines d’habitude réservées au basket professionnel, exposition télévisuelle décuplée, le déjà populaire « College Basketball » profite de l’occasion. Lors du dernier lock-out, en 1998, l’audience TV avait ainsi augmenté de 22 % pour les matches NCAA. La chaîne ESPN en a déjà programmé plus pour combler le vide des matches NBA. Chaque évènement de ce volet du basket-ball américain (encore obscur pour le public européen) prend ainsi plus d’importance en l’absence de concurrence directe. Et ils n’ont pas manqué ces derniers temps : rencontre organisée sur un porte-avions à l’occasion du Veteran’s Day (11 novembre), honoré par la présence du président Obama, marathon de 24 heures de matches à travers le pays, moment historique avec le record de 903 victoires pour « Coach K » (Mike Krzyzewski, entraineur de Duke et de l’équipe nationale)... Petit à petit, la place laissée vacante se remplit. Ainsi, au Madison Square Garden la semaine dernière, ce ne sont pas les Knicks qui occupaient le terrain, mais des équipes universitaires, pour des matches où la comparaison avec la Ligue professionnelle faisait parler. John Calipari, coach de Kentucky qui a aussi entrainé en NBA, avait beau déclarer : « Les fans absolus de basket universitaire ne s’intéressent pas à la NBA, et vice versa », d’autres ne l’entendaient pas de la sorte. Comme le coach d’Auburn, Tony Barbee : « Si vous êtes fan de basket, vous êtes fan des deux, et si le lock-out continue, cela attire plus de monde. »
De fait, les deux ne sont pas tout à fait similaires en terme de format, de régularité, de localisation et – surtout – de professionnalisme, voire de talent. Aussi, ce que le public veut voir avant tout, ce sont les joueurs vedettes du championnat nord-américain. Mais en leur absence et sans véritable écrin pour faire briller ces stars, ce sont les jeunes qui sont sur le devant d’une scène laissée presque vide aux États-Unis. Autres temps, autres mœurs.
Le lock-out sur le point de « tuer » la saison NBA, le basket universitaire et les matches d’exhibition prennent le relais avec plus ou moins de réussite. État des lieux et paroles aux intéressés.  « Nicolas Batum joue super bien en ce moment ! » Wesley Matthews, coéquipier du Français aux Portland Trailblazers, envie la réussite actuelle de celui qu’il surnomme « Nic » à Nancy. « C’est frustrant de ne pas pouvoir jouer, on devrait affronter les Pacers ce soir... Évidemment ce n’est pas ce que l’on est en train de faire là. » De loin, on pourrait penser que l’arrière de la franchise de l’Oregon n’est pas si mal loti : il vient de finir un match contre une équipe menée par Tyreke Evans, le rookie de l’année en 2010, lorsqu’il nous confie ces propos. Mais, de près, ce match montre bien...
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