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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

La Birmanie en quête d’une nouvelle identité internationale

Grâce à ses réformes, le pays pourrait présider l’Asean en 2014, malgré son lourd passé.
La Birmanie a longtemps vécu en paria de la communauté internationale, mais le nouveau régime a l’intention de rompre cet isolement et de convertir une surprenante série de réformes politiques en avancées diplomatiques.
Tout d’abord, le régime dit « civil » de Naypyidaw participe cette semaine à Bali à des réunions essentielles pour son retour sur l’échiquier mondial, huit mois après avoir succédé à la junte du généralissime Than Shwe et s’être distingué par des gestes d’ouverture notamment en direction de l’icone de l’opposition Aung San Suu Kyi.
Ensuite, le président Thein Sein rencontrera ses voisins de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), à partir de jeudi, et lors du sommet de l’Asie orientale samedi. Ce dernier intervient alors que la communauté internationale suit de très près l’activité politique de l’ancien général – entre autres, une rencontre avec Suu Kyi, une loi sur les syndicats, l’abandon d’un barrage controversé, la libération de 200 prisonniers de conscience. La semaine dernière, un haut responsable des Nations unies et deux diplomates américains étaient en visite, suivis par l’ambassadeur de l’Union européenne.
Mais Naypyidaw ne doit pas pour autant s’attendre à ce qu’on lui déroule le tapis rouge, estime Trevor Wilson, ex-ambassadeur d’Australie à Rangoun. « Personne ne leur fait de cadeau ou ne les récompense. Il s’agit plutôt d’avoir une compréhension plus claire de ce qu’ils font et de décider si un ajustement de la (diplomatie) serait approprié. »
La Birmanie joue une carte majeure avec l’Asean, qu’elle n’a cessé d’embarrasser avec ses violations constantes des droits de l’homme. En 2006, elle avait dû renoncer à en assumer la présidence tournante. Mais elle la revendique désormais pour 2014, ce qui supposerait qu’elle organise les sommets du bloc et accueille notamment les Américains. « Nous n’avons pas pris la présidence parce que nous n’étions pas prêts. Mais nous le sommes maintenant et la situation politique est bonne dans le pays », a justifié un responsable birman sous le couvert de l’anonymat.
Un premier pas a été franchi hier par les ministres des Affaires étrangères du bloc. « Tout le monde est d’accord pour la Birmanie en 2014 », a déclaré le chef de la diplomatie malaisienne, Anifah Aman. « Ils ont fait des pas positifs vers la démocratisation. Nous devrions les encourager davantage en leur permettant de recevoir le sommet. »
Thein Sein était déjà le représentant de la junte à l’étranger lorsqu’il était Premier ministre. Il se déplace désormais en chef d’État, auréolé de ses spectaculaires réformes, de discours remarqués et de l’avis favorable de Suu Kyi elle-même, qui s’est dit lundi « encouragée » par l’atmosphère politique. Naypyidaw ne peut donc encore espérer une levée des sanctions, notamment avant de libérer tous les prisonniers politiques. Mais les relations avec Washington s’améliorent clairement. « Si le gouvernement poursuit des réformes authentiques et durables au profit de ses citoyens, il trouvera auprès des États-Unis un partenaire », a ainsi promis jeudi la secrétaire d’État Hillary Clinton.
Trevor Wilson pronostique à cet égard une augmentation de l’aide américaine en Birmanie, via les organisations non gouvernementales. « Cela soulèverait moins d’objections politiques au Congrès, qui sera le dernier à reconnaître que (...) la politique américaine doit changer. »
(Source : AFP)
La Birmanie a longtemps vécu en paria de la communauté internationale, mais le nouveau régime a l’intention de rompre cet isolement et de convertir une surprenante série de réformes politiques en avancées diplomatiques.Tout d’abord, le régime dit « civil » de Naypyidaw participe cette semaine à Bali à des réunions essentielles pour son retour sur l’échiquier mondial, huit mois après avoir succédé à la junte du généralissime Than Shwe et s’être distingué par des gestes d’ouverture notamment en direction de l’icone de l’opposition Aung San Suu Kyi.Ensuite, le président Thein Sein rencontrera ses voisins de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), à partir de jeudi, et lors du sommet de l’Asie orientale samedi. Ce dernier intervient alors que la communauté internationale suit de...
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