Mario Monti devrait présenter le programme de son nouveau gouvernement aujourd’hui. Andreas Solaro/AFP
Dans une courte déclaration devant la presse, M. Monti a confirmé qu’il serait en mesure de se rendre aujourd’hui auprès du président de la République Giorgio Napolitano pour « lui rendre ses conclusions », c’est-à-dire lui présenter son programme et la liste de ses ministres, dans le cadre de la formation d’un nouveau gouvernement. Il est prévu qu’il acceptera à cette occasion formellement la charge de chef du gouvernement en remplacement de Silvio Berlusconi. Ensuite, le gouvernement prêtera serment, puis aura lieu le passage de pouvoirs solennel entre Silvio Berlusconi et Mario Monti. Dès jeudi, le gouvernement pourrait se présenter au Parlement, au Sénat le matin et à la Chambre des députés, pour un vote de confiance.
Également, aussi bien le Parti démocrate (PD), principal mouvement de la gauche italienne, que le PDL (droite) de Silvio Berlusconi ont confirmé qu’ils soutiendraient le gouvernement, sans poser de conditions. Le PD a en effet annoncé « un soutien entier et convaincu à un gouvernement prestigieux et de type technocratique », tandis que le PDL a demandé un programme axé en priorité sur les réformes réclamées par l’Union européenne.
Les deux grandes formations ont jusqu’à présent rechigné en revanche à envoyer siéger leurs représentants au gouvernement, alors que M. Monti le leur avait demandé. Selon le quotidien La Repubblica, la qualité de l’appui aussi bien du PD que du PDL « est plutôt piètre et c’est un danger dont le professeur (Monti) est bien conscient ». Plusieurs commentateurs ont ainsi évoqué le danger d’une « vietnamisation » du Parlement où, confronté à une guérilla permanente, le nouveau gouvernement pourrait se trouver incapable de faire adopter les réformes économiques nécessaires, notamment les plus impopulaires. Pour le quotidien Corriere della Sera, la seule force du gouvernement Monti est qu’il représente « un vaste mouvement d’opinion publique regroupant pour la première fois ceux qui n’ont jamais voté Berlusconi et ses nombreux partisans qui demandent maintenant à quelqu’un d’autre de sortir (le pays) de l’ornière ». Et M. Monti a montré qu’il en était conscient en recevant non seulement les politiciens de carrière, les syndicats et le patronat, mais aussi des jeunes et des femmes qui ont plaidé pour un rajeunissement du gouvernement ou des dégrèvements fiscaux pour les entreprises embauchant du personnel féminin.
Le nouveau Premier ministre devra également affronter des dossiers politiquement et socialement délicats, comme la question des retraites à l’ancienneté (après 40 ans de travail), ou celle de la flexibilité du marché du travail. Un des représentants du patronat, Ivan Malavasi, a confirmé que les entrepreneurs, bien que plaidant pour un allègement de la fiscalité, étaient prêts à contribuer à d’éventuelles taxes supplémentaires pour sortir le pays de la crise.
L’Italie inquiète les investisseurs en raison de sa dette colossale, c’est-à-dire 1 900 milliards d’euros, soit 120 % du PIB. M. Monti leur a réclamé un peu de « patience » en soulignant que le pays est une « démocratie » qui prévoit des « délais précis » pour former un gouvernement et élaborer un programme.
(Source : AFP)


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