C’est décidé, le Liban s’est engagé irréversiblement dans une réforme constitutionnelle longtemps réclamée par certains groupes politiques. Elle prévoit le non-cumul des charges de député et de ministre. Une proposition de loi en ce sens a été adoptée, qui sera soumise au vote du Parlement. L’amendement constitutionnel de l’article 27 de la Constitution devra être approuvé par les deux tiers de la Chambre.
Le projet n’est pas passé comme une lettre à la poste, en raison d’une exception majeure qui lui a été apportée et que des ministres ont plus ou moins vivement contestée.
En effet, le président du Conseil est exempté de la nouvelle disposition constitutionnelle. Il pourra continuer à jouir de ses fonctions parlementaires s’il est désigné par les consultations parlementaires, alors que les autres ministres devront démissionner, s’ils sont députés, dès le vote de confiance. Des députés suppléants, choisis par eux et élus sur leurs listes, leurs succéderont.
La création de députés suppléants fera également l’objet d’un amendement constitutionnel (article 41). Dans le nouveau régime, qui fera par ailleurs partie de la loi électorale, un député suppléant sera élu parallèlement à l’élection de chaque député. Il va de soi que son mandat correspondra exactement à la durée restante du mandat du député qu’il remplacera.
L’exception dont jouit le Premier ministre a été vivement contestée par les députés du Courant patriotique libre, qui ont affirmé que la fonction de Premier ministre ne diffère en rien de la fonction de n’importe quel ministre. Mais le président Nagib Mikati est resté intraitable. La fonction de Premier ministre, a-t-il fait valoir, jouit d’une spécificité propre, puisqu’elle relève du nouveau partage du pouvoir décidé à Taëf. Ce point de vue a finalement prévalu, non sans que le chef de l’État n’ait eu à intervenir pour tempérer les échanges.
Le débat sur le non-cumul des charges parlementaire et ministérielle a été si long que les autres points à l’ordre du jour du Conseil des ministres n’ont pu être examinés. Parmi ces points figure la nouvelle loi électorale ainsi que le projet de loi sur la naturalisation des descendants d’émigrés, qui ouvre grande la porte à un rééquilibrage confessionnel au niveau des listes électorales.
Préambule
En préambule, le chef de l’État a informé le Conseil des ministres qu’il avait examiné de près, avec les autorités concernées, les questions soulevées dernièrement par les députés du 14 Mars.
À l’issue de la réunion, le ministre de l’Information p.i. Waël Bou Faour, a donné lecture, au nom du président Sleiman, des lignes suivantes :
aucune restriction n’est apportée au travail des journalistes. Un seul incident a été enregistré (interdiction d’accès à Walid Khaled à une télévision) et des éclaircissements ont été apportés à ce sujet par la Direction de l’orientation de l’armée au média concerné.
Les incursions qui se sont produites aux frontières se sont arrêtées. Elles ne se sont pas produites délibérément et des contacts ont été pris entre le Liban et la Syrie pour les régler.
En ce qui concerne les opérations de secours aux réfugiés syriens au Nord-Liban, des instructions ont été données au Haut Comité de secours.
Il n’y a pas de Syriens enlevés, selon les informations des services de sécurité, a assuré le chef de l’État, qui a ajouté que la protection des ressortissants étrangers se trouvant en territoire libanais est de la responsabilité de l’État, qui fera preuve de fermeté sur ce plan, à charge pour l’étranger de s’abstenir de toute activité militaire au Liban ou à partir du Liban.
Les cas de Chibli Ayssami et des deux frères Jassem sont du ressort des autorités judiciaires.
Aridi boude
Par ailleurs, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’accorder à la situation économique et sociale toute l’attention qu’elle mérite.
Aux journalistes qui l’interrogeraient, M. Bou Faour a précisé qu’il ne faut ni exagérer ni minimiser l’importance de la question des réfugiés syriens au Liban, Ils sont au nombre de 3 000, a-t-il précisé, réfutant le chiffre de 25 000 avancé par certains. « Ni le déni ni l’exagération ne sont de mise », a-t-il dit, précisant que beaucoup de réfugiés sont accueillis dans des foyers et qu’il n’est pas évident que l’installation d’un camp est nécessaire..
Notons que le ministre des TP, Ghazi Aridi, a boudé hier le Conseil des ministres. Dans les milieux ministériels, on affirme qu’il le fait pour protester contre les restrictions budgétaires qui ont affecté son département, notamment en matière de préparation à la saison d’hiver.


Monsieur Rubeiz, on dit : Un ange ou une ange. Angèle c'est un nom de femme. Anastase Tsiris
12 h 14, le 12 novembre 2011