Des Libanais et des Syriens brandissant un combo des portraits de Mouammar Kadhafi mort et de Bachar el-Assad, hier, au cours d’une manifestation à Tripoli en faveur des opposants syriens. Photo Reuters
M. Mansour a mis l’accent sur la coopération engagée au sein de la Ligue arabe « en faveur d’un intérêt arabe supérieur commun », tout en affirmant s’opposer à une suspension de l’adhésion de la Syrie à la Ligue arabe « étant donné son importance et son rôle au niveau arabe ». « Cela est inadmissible », a-t-il dit, tout en affirmant l’attachement du Liban à l’unanimité arabe. « Mais aujourd’hui, cette unanimité fait défaut », a indiqué le ministre, dont la position rejoint celle du président de la Chambre, Nabih Berry, qui avait affirmé la veille à la presse que le Liban allait prendre ses distances par rapport aux décisions de la Ligue arabe.
Selon notre chroniqueur diplomatique, Khalil Fleyhane, qui cite des sources diplomatiques arabes proches de la Syrie, il est très peu probable que la Ligue arabe réagisse favorablement à la demande de l’opposition syrienne concernant un gel de l’adhésion de Damas. Selon ces sources, non seulement ce choix serait préjudiciable pour la médiation arabe, mais il aurait des conséquences désastreuses pour la Syrie ainsi que pour les États arabes et la région dans son ensemble.
Les ministres arabes essaient d’éviter d’exposer la Syrie au danger du démembrement et de renflouer le plan arabe de sortie de crise, surtout que la Chine et la Russie ne permettront pas que le dossier syrien soit soumis au Conseil de sécurité de l’ONU, toujours selon les mêmes sources.
Harb : « C’est honteux »
Dans le même temps, le député Boutros Harb accusait les autorités libanaises de collusion avec le régime syrien « à qui elles livrent les opposants arrêtés au Liban ». Il a qualifié de « honteux » le comportement « du gouvernement syro-iranien qui foule aux pieds les traditions libanaises », en allusion à l’équipe Mikati.
Son collègue Ahmad Fatfat a critiqué l’indifférence des autorités à l’égard des réfugiés syriens ainsi que l’interdiction faite aux médias d’entrer à Wadi Khaled, faisant état d’une campagne « pour rectifier le tir ».
Une délégation du 14 Mars doit en effet se rendre aujourd’hui dans la région pour s’enquérir de la situation de ces personnes. Selon le commissariat de l’UNHCR, près de 3 500 réfugiés sont enregistrés auprès de lui, dont 900 enfants en âge d’aller à l’école. Parmi eux, 500 ont été scolarisés dans différentes écoles, mais font face à deux défis majeurs, selon un directeur d’école, cité par l’UNHCR : leur stabilité psychologique, la plupart d’entre eux ayant traversé d’éprouvantes expériences, et le problème de la langue, plusieurs matières étant enseignées en français au Liban.
Les villageois libanais s’efforcent dans la mesure de leurs moyens de venir en aide aux réfugiés du pays voisin. Hier, les habitants de la localité de Hayssa, au Akkar, ont coupé la route internationale entre le Liban et la Syrie à la circulation, pour exprimer leur soutien au peuple syrien.
À Wadi Khaled, deux Libanais vivant dans le village syrien de Oueychate, Imad Khaled Oweychi et son frère, Maher, ont été blessés par l’explosion d’une mine antipersonnel, au niveau du point de passage faisant face aux village de Amayer de Wadi Khaled. « Ils étaient en train de traverser la frontière de la Syrie pour revenir au Liban lorsqu’ils ont marché sur la mine », a indiqué sous couvert d’anonymat un responsable local cité par l’AFP.
Un peu plus tôt, la même source, toujours citée par l’AFP, avait indiqué que des soldats syriens avaient été vus « en train de disposer des mines » du côté syrien du village frontalier de Wadi Wawiyat où la mine a explosé.

