Le Sénat italien a adopté hier, sans accroc, un plan anticrise promis à l’Union européenne. Andreas Solaro/AFP
Le vote s’est passé sans accroc comme l’avait demandé le président italien Giorgio Napolitano aux sénateurs. Ceux-ci ont applaudi l’arrivée en leur sein de l’ex-commissaire européen Mario Monti pressenti pour succéder au Cavaliere et nommé mercredi sénateur à vie. Les marchés continuaient de parier sur la désignation rapide de « Super Mario » à la tête d’un gouvernement de transition, sans doute dès dimanche, par M. Napolitano, après la démission de M. Berlusconi attendue aujourd’hui.
M. Monti, déjà reçu pendant deux heures la veille, a revu hier le président de la République, devenu le « deus ex machina » de la politique italienne, pour discuter de l’exécutif de transition qui pourrait prendre ses fonctions dès lundi matin. M. Napolitano privilégie, selon les médias, un gouvernement « de large entente », soutenu par une ample majorité parlementaire, où siégeraient à la fois le PDL de M. Berlusconi et l’opposition de gauche et centriste, jusqu’aux législatives du printemps 2013.
Cette hypothèse suscite de gros remous au sein du PDL du Cavaliere qui est personnellement partisan de cette solution alors que des poids lourds de son parti réclament des élections immédiates pour clarifier le jeu politique. Les investisseurs redoutent pour leur part une période électorale et de flottement à la tête de la troisième économie de la zone euro.
Le Corriere della Sera, influent quotidien de référence, a appelé le PDL à siéger avec son ennemi le Parti démocrate (gauche) dans un gouvernement d’union nationale, estimant qu’ils obtiendraient « le mérite historique d’avoir sauvé l’Italie du précipice où elle risque de tomber ».
Les mesures anticrise promises à l’UE devraient être adoptées définitivement cet après-midi à la Chambre des députés. Très peu de temps après, M. Berlusconi montera au Quirinal, la présidence, pour démissionner. Un Conseil des ministres appelé sans doute à valider la dissolution du gouvernement a déjà été programmé.
Rappelons que le gouvernement de M. Berlusconi s’était engagé à faire approuver les mesures anticrise d’ici à fin novembre. Mais face aux pressions de la communauté internationale et des marchés, le président Napolitano a accéléré le processus et imposé le départ de M. Berlusconi, après qu’il a perdu mardi dernier la majorité absolue à la Chambre.
Les réformes ne sont cependant pas jugées suffisantes pour redresser les comptes de l’Italie qui ploie sous une dette colossale (1 900 milliards d’euros, 120 % du PIB). Bruxelles, dont des inspecteurs étaient à Rome cette semaine, presse Rome d’adopter aussi de nouvelles mesures d’austérité, estimant que les deux plans votés en juillet et septembre pour 60 milliards d’euros ne permettront pas à l’Italie d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2013.
(Source : AFP)

