Des milliers de personnes ont défilé hier contre le régime Assad à Amude, après la prière du vendredi. Photo Reuters
À Damas, des centaines de manifestants ont brandi des pancartes fustigeant le Comité national pour le changement démocratique, un mouvement d’opposition qui refuse toute intervention militaire étrangère en Syrie, selon une vidéo sur YouTube. Les forces de sécurité ont dispersé des milliers de manifestations à Homs, haut lieu de la contestation, à Deir ez-Zor, Idleb, Deraa, Hama, Qamichli et dans la région de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Au total, 20 personnes ont été tuées à travers le pays, selon l’OSDH : une dizaine de civils et un soldat dissident ont péri à Homs, un civil près d’Idleb et 5 autres, dont un adolescent de 13 ans, à Deraa. Mais le bilan des victimes varie selon les sources. Certains parlent de 20 tués et d’autres vont même jusqu’à assurer que la répression a fait 33 morts, pour la seule journée d’hier. Ce scénario se répète désormais presque tous les jours. Jeudi, les violences avaient fait au moins 26 morts, en majorité à Homs.
« Le recours systématique aux abus contre les civils à Homs par les forces du gouvernement syrien, y compris la torture et les exécutions arbitraires, montre que des crimes contre l’humanité ont été commis », a dénoncé l’organisation Human Rights Watch (HRW) dans un rapport. Ces « violations ont tué au moins 587 civils » à Homs entre la mi-avril et la fin août, et au moins 104 autres depuis le 2 novembre, selon elle. « Homs est le microcosme de la brutalité du gouvernement syrien. La Ligue arabe doit dire au président Assad que violer l’accord a des conséquences et qu’elle soutient désormais une action au Conseil de sécurité pour mettre fin au carnage », ajoute HRW.
Après le constat de non-respect par le pouvoir à Damas de ses engagements envers la Ligue arabe de cesser la répression, un Comité ministériel arabe s’est réuni en soirée au Caire pour préparer une rencontre de l’ensemble des ministres arabes des Affaires étrangères aujourd’hui, axée sur la Syrie. Le 2 novembre, le régime Assad avait accepté un plan arabe prévoyant la fin des violences, la libération des détenus, le retrait de l’armée des villes et la libre circulation des médias, avant l’ouverture d’un dialogue national. Mais la répression n’a pas baissé d’intensité.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, doit soumettre aux réunions du Caire les revendications des différents courants de l’opposition syrienne qui se sont succédé au siège de l’organisation. Hier, le représentant des Comités locaux de coordination, un groupe chapeautant les manifestations sur le terrain, Khalil al-Hajj Saleh, a réclamé devant M. Arabi le gel de l’adhésion de la Syrie, le renvoi des ambassadeurs syriens des pays arabes et la reconnaissance du Conseil national syrien (CNS) comme unique représentant du peuple syrien. Le CNS, qui regroupe la majorité des courants de l’opposition, demande aussi des Arabes qu’ils soutiennent les efforts en vue d’assurer une protection internationale aux civils, à Homs en particulier. Toutefois, des diplomates soulignent que la perspective de voir la Ligue suspendre Damas de ses instances se heurte à l’opposition de plusieurs autres États membres comme le Yémen, confronté à son propre soulèvement, le Liban et l’Algérie, qui surveille l’impact du « printemps arabe » sur sa propre population.
De son côté, le représentant de la Syrie à la Ligue arabe, Youssef Ahmad, a présenté un mémorandum à l’organisation dans lequel son gouvernement se dit prêt à accueillir une délégation arabe qui pourra « évaluer l’engagement de Damas à appliquer le plan » et accuse des « parties » à vouloir le faire échouer. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moallem, promet pour sa part dans une lettre à M. Arabi que les autorités appliqueront dans une semaine la plupart des clauses du plan, « contrairement à ce qui est répandu par des chaînes satellitaires injustes ».
(Source : agences et rédaction)


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