La crise est d’abord un moyen de dresser « une cloison étanche entre son bilan et son projet présidentiel pour un deuxième mandat », estime le président de l’institut de conseil Isana, Jérôme Sainte-Marie.
La crise est aussi mise en avant par Nicolas Sarkozy pour se présenter en protecteur des Français, grâce notamment au rôle-clé joué par le duo franco-allemand dans la gestion de la crise de la dette grecque et de la zone euro. Il s’appuie aussi sur la crise pour demander aux Français de le juger également par comparaison avec les gouvernements de gauche passés, accusés des maux de la France. Il a ainsi rappelé avec insistance jeudi qu’il n’était ni de près ni de loin au pouvoir quand la France et ses partenaires européens ont accepté la Grèce au sein de la zone euro. « Ce fut une erreur, a-t-il dit. C’est une décision qui a été prise en 2001 et dont nous avons payé les conséquences ces derniers mois. »
Le chef de l’État n’a également de cesse de dénoncer les méfaits de la semaine de travail de 35 heures instaurée par le même gouvernement ou d’accuser son futur adversaire socialiste François Hollande de faire des promesses coûteuses, comme l’embauche de 60 000 enseignants sur cinq ans. La crise lui permet en revanche à la fois de défendre sa réforme des retraites, d’expliquer des résultats médiocres en termes de croissance et d’emploi et de justifier par avance les mesures de rigueur qu’il va de nouveau devoir prendre pour tenir ses engagements de réduction des déficits publics.
En réalité, estiment les analystes, Nicolas Sarkozy n’a pas véritablement le choix des arguments, alors qu’il est au plus bas dans les sondages et les intentions de vote et que même certains de ses collaborateurs admettent que les Français ne vivent pas mieux aujourd’hui qu’en 2007.
Dans ce contexte, l’accord de Bruxelles sur l’euro et le recours éventuel à une aide chinoise rendent la Chine « maîtresse du jeu », a déploré hier le candidat socialiste à la présidentielle française, François Hollande. « Le contact que Nicolas Sarkozy a cru bon de prendre avec le président chinois (Hu Jintao), au lendemain de l’accord, en dit long sur la nouvelle dépendance de la zone euro », a-t-il déclaré dans un entretien au journal Le Monde. « La Chine est désormais la maîtresse du jeu, de sorte que le sommet du G20 des 3 et 4 novembre (à Cannes), qui devait être le moment de vérité pour le yuan, va consacrer l’empire économique chinois », a-t-il ajouté.
(Source : agences)


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13 h 30, le 29 octobre 2011