Un enfant libyen chevauche un canon de 130 mm qui appartenait à l’armée du régime déchu. Des dizaines de milliers d’armes et de munitions restent abandonnées et sans surveillance en Libye, faisant craindre qu’elles tombent entre de « mauvaises » mains. Thaier al-Sudani/Reuters
Ces décisions ont été prises en dépit des appels du gouvernement de transition libyen pour le maintien de l’OTAN, au moins « jusqu’à la fin de l’année ». Le Conseil national de transition (CNT) avait à cet effet assuré que même après la mort de Mouammar Kadhafi, ses derniers fidèles représentaient une menace pour le pays.
En outre, la résolution du Conseil de sécurité allège l’embargo international sur les armes, de manière à ce que le CNT puisse en acquérir pour assurer la sécurité nationale. Elle met fin au gel des avoirs de la Corporation nationale libyenne du pétrole, la Zuetina Oil Company, de même que les restrictions visant la Banque centrale de Libye, la Libyan Arab Foreign Bank, la Libyan Investment Authority et la Libyan Africa Investment Portfolio. Le Conseil réitère parallèlement la nécessité d’une période de transition « orientée vers l’engagement à la démocratie, la bonne gouvernance, l’exercice de la loi, la réconciliation nationale, le respect des droits de l’homme et les libertés fondamentales du peuple de Libye ». Sans référence explicite aux conditions floues de la mort du colonel Kadhafi, les Quinze « exhortent les autorités libyennes à se garder de toutes représailles, y compris les détentions arbitraires (et) les exécutions extrajudiciaires ».
L’ambassadeur de France à l’ONU, Gérard Araud, a exprimé la « fierté » de son pays pour avoir pris part aux opérations. « Il s’agissait de la libération de la Libye avec le soutien de tous les pays qui voulaient être partie prenante à cette expérience magnifique », a-t-il dit. L’ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a de son côté estimé que les deux résolutions de l’ONU autorisant le recours à la force en Libye avaient été outrepassées. Il a parlé de « nombre de violations » de ces résolutions et estimé que « des leçons graves devront être tirées » au Conseil de sécurité après les frappes militaires. L’ambassadrice américaine, Susan Rice, a parlé d’une « perspective d’une Libye libre et participative avec la participation de tout le peuple, quels que soient le sexe et la religion ».
Cependant, les pays membres de la coalition engagée en Libye examinaient hier avec les nouvelles autorités de Tripoli la façon d’accompagner la transition dans le pays. Selon une porte-parole du département d’État américain, des discussions sont en cours avec le CNT sur un éventuel nouveau rôle pour l’OTAN : contrôle des frontières, assistance pour la démobilisation des combattants ou la récupération des armes en circulation...
Par ailleurs, le sort de Seif al-Islam Kadhafi restait incertain hier. Selon le quotidien sud-africain Beeld, des mercenaires sud-africains se trouvaient toujours en Libye pour tenter d’exfiltrer Seif al-Islam. Un autre journal sud-africain avait déjà affirmé qu’une vingtaine de Sud-Africains avaient participé à la protection de Mouammar Kadhafi ces dernières semaines. Une source proche du CNT a, elle, affirmé que Seif al-Islam demande un avion pour sortir du désert et se livrer à la Cour pénale internationale de La Haye. Selon des responsables du CNT, Seif al-Islam a déclaré être prêt à se rendre à la justice, de même que l’ancien chef des services de renseignements du régime déchu, Abdallah al-Senoussi. Toutefois, concernant ce dernier, des sources sécuritaires nigérienne et malienne ont affirmé qu’il était passé du Niger au Mali. La présence de Seif al-Islam à ses côtés n’a pas été confirmée. Les deux hommes sont visés par un mandat d’arrêt international pour des soupçons de crimes contre l’humanité. Des dizaines de responsables de l’ancien régime libyen, dont Saadi Kadhafi, un autre fils de l’ancien « Guide de la révolution », ont trouvé refuge au Niger.
(Source : agences)

