« La nouvelle Politique européenne de voisinage ne vise pas à accroître la force de l’Europe vis-à-vis de nos voisins, mais correspond aux attentes nées des évolutions dans la région », affirme à L’Orient-Le Jour le commissaire européen pour l’Élargissement et la Politique européenne de voisinage, Stefan Füle. Ces propos, aussi soft que se veut la diplomatie européenne, ont meublé sa discussion à bâtons rompus hier avec une poignée de journalistes. Des propos qui, en somme, n’auront rien ajouté aux déclarations officielles ayant rythmé sa première journée de visite. « Je ne me souviens pas avoir exprimé une intention de révéler des choses inédites », a-t-il déclaré avec humour. « Sans être d’humeur à spéculer » sur les dossiers épineux, M. Füle a rappelé certaines constantes exprimées par l’Union européenne. « J’ai ressenti une intention claire chez mes interlocuteurs libanais de trouver des solutions sur la question du TSL », a-t-il affirmé. S’il a toutefois jugé que « les opportunités n’ont pas toutes été exploitées », M. Füle a écarté la nécessité de plans alternatifs. « Nous croyons et attendons de vous le respect de vos engagements », a-t-il tranché. Reprenant les propos de l’ambassadrice de l’UE Angelina Eichhorst qui s’est dit « confiante » de l’aptitude du gouvernement à honorer ses engagements, M. Füle a déclaré que « l’UE exprime, à travers son commissaire, sa confiance que les politiques libanais comprennent leurs responsabilités ». Et de conclure : « Le cabinet actuel est un partenaire solide, crédible et fiable pour nous, et nous tenons à ce qu’il le demeure. »
M. Füle a par ailleurs été prié de répondre sur un dossier tout aussi pointu, celui des incursions de troupes syriennes aux frontières. « J’ai fait état d’importants rapports sur de pareilles incursions lors de mes discussions », a-t-il confié, en soulignant « notre souci que soient respectées les obligations internationales de protection des réfugiés syriens, tant en Turquie qu’au Liban ». En outre, M. Füle aurait fait part aux responsables libanais de « la disposition de l’UE à offrir son expertise pour une gestion des frontières qui permette aux forces militaires et sécuritaires d’asseoir leur présence effective sur leurs propres frontières ». Sur ce point, le diplomate a veillé à ne laisser filtrer dans ses propos aucune information sur ses entretiens avec les responsables libanais. À la question de savoir s’il en est satisfait, il s’est suffi d’un rire. C’est un équilibre entre « la position absolument claire de l’UE et la spécificité des relations libano-syriennes », que la politique européenne tenterait ainsi d’établir.
Sensible aux attentes des peuples, qui œuvrent pour l’État de droit, l’Europe continue donc de mesurer calmement la disposition des dirigeants à paver la voie à la démocratisation... jusqu’à preuve intangible du contraire.


Une délégation FL en tournée à Hasbaya et Marjeyoun en soutien aux habitants du Sud