Dans une déclaration à la presse, cheikh Jouzou a affirmé dans ce cadre que la Rencontre de Saydet el-Jabal représente « une riposte à tous ceux qui ont tenté de susciter chez les chrétiens un sentiment de peur à l’égard des jeunes révolutions dans le monde arabe ». « Le printemps arabe, a déclaré cheikh Jouzou, a besoin de la contribution des chrétiens au niveau de l’édification de la démocratie, de la justice et de la liberté, d’autant que les leaders chrétiens ont soutenu totalement le printemps arabe qui rejoint le printemps libanais, lequel se montre soucieux de soutenir les révolutions arabes qui réclament la démocratie, la justice et la liberté. »
Cheikh Jouzou a d’autre part relevé que le document de Saydet el-Jabal souligne la nécessité de ne pas « associer les chrétiens au sort des régimes répressifs et oppresseurs ». Pour le mufti du Mont-Liban, une telle position reflète le souci de « préserver la coexistence et de se libérer des complexes du passé qui ont entraîné le pays dans des guerres absurdes ».
Et cheikh Jouzou d’ajouter : « La Rencontre de Saydet el-Jabal a prouvé qu’un grand nombre de leaders chrétiens ont abouti à de nouvelles convictions qui sont l’expression sincère de leur libération des contraintes du passé (...). Les chrétiens sont une partie intégrante de la nation arabe et ils soutiennent le printemps arabe qui aspire à la démocratie, la liberté et la justice. »
En conclusion, cheikh Jouzou a vivement critiqué le Hezbollah « qui a sapé le prestige de l’État en restant attaché à ses armes illégales ».
Les critiques de Ferzli
Il convient d’indiquer par ailleurs que l’ancien vice-président de la Chambre, Élie Ferzli (proche du régime baassiste), a critiqué pour sa part la Rencontre de Saydet el-Jabal, affirmant que les participants à ces assises ont adopté des prises de position « arbitraires qui sont le fruit de la lutte qu’ils mènent sur la scène politique libanaise ».
Pour M. Ferzli, « les craintes exprimées par les chrétiens sont dues au fait qu’ils ont peur de passer d’une situation qui est connue à l’inconnu, qu’ils ont expérimenté en Irak, en Palestine et en Égypte ». « Les participants à la rencontre n’ont pas apporté des réponses à ces appréhensions, de manière à rassurer les chrétiens d’Orient », a conclu M. Ferzli.


Les décisions discutées et approuvées à Saydet El Jabal sont patriotiques et servent les intérêts vitaux du pays. Que le Mufti Jouzou ait donné sa bénédiction est un signe des plus positifs. L'Etat et l'Armée doivent étendre leur présence sur tout le sol National et apporter la paix et la sécurité pour tous les Libanais sans exception aucune. Anastase Tsiris
07 h 15, le 26 octobre 2011