Dans la première partie, les participants rappellent tout d’abord « le rôle de l’Église dans le déclenchement du printemps du Liban, qui avait donné le signal du printemps arabe ». Ils font valoir en outre que « l’Église avait pris les devants en réclamant l’édification de l’État civil, moderne et démocratique », fondé, comme l’a souligné le synode patriarcal maronite, sur « la conciliation entre la citoyenneté et le pluralisme » et sur « la distinction franche, jusqu’aux limites de la séparation, entre la religion et l’État ».
Cette question, note le texte, est aujourd’hui « posée avec force dans les États qui se sont libérés des régimes tyranniques ».
Enfin, le projet de document évoque « le rôle de l’Église dans la mise au point du concept de vie commune qui transcende le niveau de la simple coexistence pacifique entre groupes divers » pour parvenir à une interaction entre ces groupes.
Dans la deuxième partie, les participants annoncent leur refus de voir les chrétiens mis « en confrontation avec le printemps arabe ». « Ce printemps arabe est une bonne nouvelle pour le Liban, dont on a tenté pendant plus d’un demi-siècle d’“arabiser” le système afin qu’il devienne similaire aux régimes avoisinants », ajoute le texte.
Il est refusé aussi « que soit lié le sort des chrétiens à celui des régimes tyranniques qui ont transformé le monde arabe en une grande prison ». Il s’agit d’une « position morale, car il n’est pas possible d’accepter d’être avec le bourreau et contre la victime ».
Les participants refusent, en outre, « tous les projets visant à porter atteinte à la présence authentique des chrétiens en Orient et à faire d’eux une simple minorité en quête de protection à droite ou à gauche ».
Enfin, le texte exprime « le refus de la violence qui accompagne le printemps arabe ». C’est, selon le document, « à la fois la violence des tyrannies face aux revendications légitimes des peuples et celle des forces extrémistes qui s’accrochent obstinément à des systèmes idéologiques périmés et tentent désespérément d’arrêter le cours de l’histoire ».
Dans la troisième et dernière partie, les participants proclament leur volonté de « déclencher une dynamique civile dans les milieux chrétiens » pour interagir avec d’autres communautés afin de « redonner vie au printemps du Liban et de créer un partenariat avec les forces démocratiques issues du printemps arabe ».
Ils veulent aussi « la réhabilitation du rôle historique des chrétiens d’Orient » et la contribution de ces derniers à une « seconde renaissance arabe ».
Enfin, ils souhaitent « agir pour en finir avec le cycle de la violence qui se poursuit depuis des décennies et pour édifier la paix du Liban ». Le texte énumère les conditions de cette paix : « Le salut pour tout le Liban ou alors pas de salut ; le recouvrement par l’État de sa souveraineté perdue depuis 1969 et l’affirmation du monopole de la force armée ; la libération de l’État des tiraillements communautaires ; la fin d’une période noire dans les relations libano-syriennes et le soutien aux forces qui luttent pour l’établissement d’un régime démocratique en Syrie ; enfin, l’ouverture d’une page nouvelle avec les Palestiniens. »


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