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Culture - Orfèvrerie

On sort l’argenterie primée d’Ubaldo Vitali

« Avec une faucille en argent, on moissonne des épis d’or », dit un proverbe finlandais. La belle ouvrage du métal précieux blanc a valu à un artiste italo-américain la plus rare distinction.

Ubaldo Vitali dans son atelier.

WASHINGTON, d’Irène MOSALLI

«Ubaldo Vitali est incontestablement le plus grand orfèvre en argenterie aux États-Unis» avait-on dit à l’occasion de l’exposition qui lui avait été récemment consacrée. Aujourd’hui, ce célèbre artiste vient de recevoir la Genius Award (le Prix des génies) octroyée par la MacArthur Foundation qui, par le biais de bourses de soutien aux projets innovants, favorise la créativité et ceux qui repensent les concepts pour un monde meilleur, dans le fond et la forme, et un avenir durable. Ses créations, d’une grande modernité, il les travaille à la manière des anciens artisans italiens dont fait partie sa famille. «Je suis juste un passeur» dit-il aujourd’hui à 67 ans, évoquant une lignée d’orfèvres entamée par son arrière-grand-père qui, en 1886, avait ouvert un atelier à Rome. Rome où il est né lui-même et où, à l’Académie des beaux-arts, il a été formé à la ciselure, l’estampage, la gravure, le poinçonné, le repercé, le découpage à jour, le repoussé et autres techniques de la belle ouvrage des métaux précieux. Son talent aidant, il se fait un nom dans ce domaine puis, en 1967, il part à la conquête des USA. Là, c’est tout de suite le succès et ses œuvres prennent place dans les plus grands musées.

Tout fait main
Vitali n’a recours qu’à ses mains: depuis le mélange des matériaux bruts et les analyses chimiques jusqu’à la fabrication d’outils spéciaux, des maquettes en bois et des moules en cire. Il explore les limites physiques du matériau choisi et la manière d’interpréter le reflet de la lumière sur l’argent poli, afin d’obtenir des effets de textures différentes. Un style que l’on retrouve notamment dans un plat spectaculaire destiné à présenter «un riz de pêcheur». Il a la forme de ce que l’orfèvre appelle «une douce vague». À l’aide d’un marteau et d’une enclume, il a produit une impression d’un mouvement d’eau roulante. Le tout rehaussé de deux petites anses en «sodalite» bleue. Chacun de ses objets reflète son propre esprit et sa propre personnalité. Son esthétique en fait des sculptures à caractère fonctionnel. Il résume, en italo-anglais, son processus de création en trois étapes, nécessaires «pour ne pas suffoquer l’idée»: «primo pensiero» (le premier jet), «bozzetto» (la maquette) et «la participation finale de l’argent» (car c’est lui qui l’inspire).
Par ailleurs, il est réputé pour avoir assimilé à fond les techniques du travail de l’argent, pratiquées aussi bien dans l’Europe médiévale que dans l’Amérique coloniale. Ce qui lui permet de restaurer des pièces de ces périodes. Ainsi, l’encrier en argent utilisé pour la signature de l’acte d’indépendance a besoin d’une quelconque réparation, ce travail lui est confié. Un calice papal est légèrement écorné, on fait appel à son expertise. Une pièce en argent du Musée de Boston est vandalisée, il la remet à neuf. Font également appel à lui des maisons aussi prestigieuses que Tiffany, Cartier et Bulgari. Car, comme il le dit, il «ne dicte pas au métal ses desiderata», mais il écoute ce qu’il a à lui dire et ses mains suivent. Ubaldo Vitali est un artisan pur sucre, doublé d’un grand artiste s’exprimant avec un idiome du XXIe siècle, finement argenté.
WASHINGTON, d’Irène MOSALLI «Ubaldo Vitali est incontestablement le plus grand orfèvre en argenterie aux États-Unis» avait-on dit à l’occasion de l’exposition qui lui avait été récemment consacrée. Aujourd’hui, ce célèbre artiste vient de recevoir la Genius Award (le Prix des génies) octroyée par la MacArthur Foundation qui, par le biais de bourses de soutien aux projets innovants, favorise la créativité et ceux qui repensent les concepts pour un monde meilleur, dans le fond et la forme, et un avenir durable. Ses créations, d’une grande modernité, il les travaille à la manière des anciens artisans italiens dont fait partie sa famille. «Je suis juste un passeur» dit-il aujourd’hui à 67 ans, évoquant une lignée d’orfèvres entamée par son arrière-grand-père qui, en 1886, avait ouvert un atelier à...
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