par le rejet de la corruption, par la crise financière aiguë qui touche aussi bien la zone euro que l’Amérique et par les plans d’austérité imposés par les autorités ou la Banque mondiale à des populations déjà échaudées. On assiste là à un mouvement populaire, sans leader, ni porte-parole, largement relayé par les réseaux sociaux, tout comme dans les révolutions arabes, visant à rejeter une dictature d’un autre type : la dictature des marchés et à renverser le système néolibéral, pour le remplacer par le chaos ou, dans la meilleure des hypothèses, par « un nouveau modèle de démocratie », « une démocratie réelle, participative » pour reprendre les propres termes des protestataires, un système qui mettrait enfin l’humain au cœur de ses préoccupations. Tout se passe en somme comme si les notions de liberté, de justice et de dignité, calquées sur le modèle occidental et réactualisées par les populations arabes en révolte, regagnaient tout à coup l’Occident, par un phénomène de contagion ou un « effet boomerang », pour inciter les jeunes et les opprimés en Europe, en Amérique ou ailleurs à se mobiliser afin de réclamer à leur tour plus de justice et de dignité. La presse internationale n’hésite pas à faire le rapprochement : « Inspirés par les révoltes du printemps arabe, ces mouvements surprennent dans les pays démocratiques et débordent les forces politiques traditionnelles », lit-on dans les médias. L’un des activistes du groupe Adbusters qui participe à l’occupation de Wall Street reconnaît franchement cette filiation : « Nous étions inspirés par ce qui s’était produit en Tunisie et en Égypte, affirme-t-il. Nous avions le sentiment que l’Amérique était mûre pour vivre son propre Tahrir. Nous avions le sentiment qu’une indignation véritable montait en Amérique et nous avons voulu produire l’étincelle qui permettrait à cette indignation de s’exprimer... » Ironie du sort : après avoir été longtemps regardé comme une exception à cause de sa résignation, voilà que le peuple arabe se transforme tout à coup en exemple !
S’il ne trouve pas des réponses apaisantes dans les semaines à venir, ce phénomène dont il ne faut pas minimiser la portée risque de dégénérer et de provoquer un printemps planétaire dont le moteur serait non pas politique, mais socio-économique, et dont on ne saurait prédire les conséquences. L’histoire a cela d’exaltant qu’elle est imprévisible. Les mois à venir montreront si elle est aussi résolument anarchiste !
Alexandre NAJJAR


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Cette pandémie est rassurante...elle prouve que les humains ne sont pas encore complètement lobotomisés par les phones de tous poils et autres gadgets de manipulation psychologique massive...c'est une simple revendication d'humanité..."comme je voudrais que ce feu soit déjà allumé".C'est de ce genre de feu qu'il parlait...le feu de l'esprit humain
05 h 28, le 19 octobre 2011