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Nos lecteurs ont la parole

De la place Tahrir à Wall Street : la pandémie révolutionnaire

Alexandre NAJJAR
Alors que les révolutions arabes se cherchent encore, confrontées à la menace islamiste en Tunisie et en Égypte, à la résistance obstinée des derniers sbires de l’illuminé en cavale en Libye, à la répression sauvage en Syrie et au désordre au Yémen, nous assistons aujourd’hui, étonnamment, à une « mondialisation de la révolution » dont le printemps arabe aurait été le déclencheur. 
Le succès phénoménal d’Indignez-vous !, le livret d’un « jeune » rebelle de 93 ans, Stéphane Hessel, traduit dans plusieurs langues, les manifestations en Grèce, à la Puerta del Sol en Espagne, au Chili ou en Israël, les troubles à Londres, le sit-in à New York, et, bien sûr, le mouvement des « indignés » qui vient de provoquer près de mille rassemblements dans plus de 82 pays dans le monde, avec les débordements que l’on sait à Rome, témoignent d’une grogne généralisée, exacerbée par la précarité, par la montée du chômage (le taux de chômage en Espagne est de 20,89 % ; en Italie, 28 % des 15-24 ans sont chômeurs, et seulement 30 % de la population âgée de 55 à 65 ans a un emploi !),
par le rejet de la corruption, par la crise financière aiguë qui touche aussi bien la zone euro que l’Amérique et par les plans d’austérité imposés par les autorités ou la Banque mondiale à des populations déjà échaudées. On assiste là à un mouvement populaire, sans leader, ni porte-parole, largement relayé par les réseaux sociaux, tout comme dans les révolutions arabes, visant à rejeter une dictature d’un autre type : la dictature des marchés et à renverser le système néolibéral, pour le remplacer par le chaos ou, dans la meilleure des hypothèses, par « un nouveau modèle de démocratie », « une démocratie réelle, participative » pour reprendre les propres termes des protestataires, un système qui mettrait enfin l’humain au cœur de ses préoccupations. Tout se passe en somme comme si les notions de liberté, de justice et de dignité, calquées sur le modèle occidental et réactualisées par les populations arabes en révolte, regagnaient tout à coup l’Occident, par un phénomène de contagion ou un « effet boomerang », pour inciter les jeunes et les opprimés en Europe, en Amérique ou ailleurs à se mobiliser afin de réclamer à leur tour plus de justice et de dignité. La presse internationale n’hésite pas à faire le rapprochement : « Inspirés par les révoltes du printemps arabe, ces mouvements surprennent dans les pays démocratiques et débordent les forces politiques traditionnelles », lit-on dans les médias. L’un des activistes du groupe Adbusters qui participe à l’occupation de Wall Street reconnaît franchement cette filiation : « Nous étions inspirés par ce qui s’était produit en Tunisie et en Égypte, affirme-t-il. Nous avions le sentiment que l’Amérique était mûre pour vivre son propre Tahrir. Nous avions le sentiment qu’une indignation véritable montait en Amérique et nous avons voulu produire l’étincelle qui permettrait à cette indignation de s’exprimer... » Ironie du sort : après avoir été longtemps regardé comme une exception à cause de sa résignation, voilà que le peuple arabe se transforme tout à coup en exemple ! 

S’il ne trouve pas des réponses apaisantes dans les semaines à venir, ce phénomène dont il ne faut pas minimiser la portée risque de dégénérer et de provoquer un printemps planétaire dont le moteur serait non pas politique, mais socio-économique, et dont on ne saurait prédire les conséquences. L’histoire a cela d’exaltant qu’elle est imprévisible. Les mois à venir montreront si elle est aussi résolument anarchiste !

Alexandre NAJJAR
Alors que les révolutions arabes se cherchent encore, confrontées à la menace islamiste en Tunisie et en Égypte, à la résistance obstinée des derniers sbires de l’illuminé en cavale en Libye, à la répression sauvage en Syrie et au désordre au Yémen, nous assistons aujourd’hui, étonnamment, à une « mondialisation de la révolution » dont le printemps arabe aurait été le déclencheur. 
Le succès phénoménal d’Indignez-vous !, le livret d’un « jeune » rebelle de 93 ans, Stéphane Hessel, traduit dans plusieurs langues, les manifestations en Grèce, à la Puerta del Sol en Espagne, au Chili ou en Israël, les troubles à Londres, le sit-in à New York, et, bien sûr, le mouvement des « indignés » qui vient de provoquer près de mille rassemblements dans plus de 82 pays dans le monde, avec les...
commentaires (2)

Cette pandémie est rassurante...elle prouve que les humains ne sont pas encore complètement lobotomisés par les phones de tous poils et autres gadgets de manipulation psychologique massive...c'est une simple revendication d'humanité..."comme je voudrais que ce feu soit déjà allumé".C'est de ce genre de feu qu'il parlait...le feu de l'esprit humain

GEDEON Christian

05 h 28, le 19 octobre 2011

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Commentaires (2)

  • Cette pandémie est rassurante...elle prouve que les humains ne sont pas encore complètement lobotomisés par les phones de tous poils et autres gadgets de manipulation psychologique massive...c'est une simple revendication d'humanité..."comme je voudrais que ce feu soit déjà allumé".C'est de ce genre de feu qu'il parlait...le feu de l'esprit humain

    GEDEON Christian

    05 h 28, le 19 octobre 2011

  • "Une democratie reelle participative", est, comme vous le mentionnez cher Monsieur Najjar, la seule vraie democratie qui soit en mesure de "rendre aux citoyens ce qui est aux citoyens". Comme je le releve dans mon site web http://www.cpi-lebanon.org, plusieurs pays sur quatre continents en ont fait l'experience avec succes: le Bresil, les Philippines, l'Irlande, l'Afrique du Sud. N'est-il pas temps pour nous de l'experimenter au Liban? Se pourrait-il que la "gouvernance participative" bien comprise et bien appliquee puisse se reveler etre la panacee ideale aux mille maux dont nous souffrons dans ce pays? En d'autres termes, la gouvernance participative pourrait elle eliminer ou tout au moins reduire les effets nocifs du confessionalisme politique? George Sabat

    George Sabat

    00 h 39, le 19 octobre 2011

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