À tout seigneur tout honneur. C’est évidemment Beyrouth qui profite en premier d’Internet à haut débit, comme l’a annoncé à cor et à cri le fringant ministre des Télécommunications. Mais à quelques kilomètres seulement de la chouchoute des autorités, les abonnés des régions n’en finissent pas de ramer, rien que pour se connecter de manière continue. Car les pannes d’Internet sont légion. Sans parler de la légendaire lenteur de la connexion qui décourage les plus patients d’entre eux.
C’est aussi Beyrouth qui bénéficie du régime de rationnement de courant le plus clément. À peine quelques petites heures de coupure par jour, dans certains quartiers. Du courant à profusion, 24 heures sur 24, dans d’autres quartiers. Allez savoir pourquoi ! Alors que dans les régions, ou même les proches banlieues situées à quelques minutes à peine de la capitale, les citoyens sont soumis, au quotidien, à un rationnement impitoyable. Un rationnement digne des pires jours de la guerre, où le courant est coupé de longues heures de suite, nuit et jour, où les générateurs s’essoufflent, où les aliments s’abîment dans les réfrigérateurs. Un rationnement si draconien qu’il en a pourri la vie des estivants, cet été, dans les centres de villégiature, en montagne ou sur la côte.
C’est encore Beyrouth qui est la mieux alimentée en eau potable, quand d’autres régions n’en voient même pas une goutte. C’est là aussi où on gaspille le précieux liquide, où on laisse couler l’eau à flots, où on lave les rues à grande eau. Alors que les citoyens d’ailleurs n’en peuvent plus d’être, à longueur d’année, la proie des marchands d’eau et des livreurs d’eau minérale.
La liste est longue, interminable même, de l’injustice envers les régions, depuis l’état des routes jusqu’à celui de l’enseignement public, en passant par les projets de développement... Une injustice flagrante qui dénote le manque d’intérêt des autorités pour les citoyens des régions et les limites des belles promesses de décentralisation, lancées en l’air par certains responsables.
À en croire que le Liban se limite à la capitale. Et que seule Beyrouth mérite l’estime des autorités.
À quand une belle preuve du contraire ?


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Le Liban ne se limite pas à Beyrouth... et Beyrouth, n'est certainement pas le downtown....Les beyrouthins vivent dans la poussière... et surtout, dans un rêve... qui n'en finit pas... Un rêve qui les enfonce dans la saleté... Beyrouth, que reste-t-il de Beyrouth???
06 h 53, le 15 octobre 2011