Les forces du nouveau régime en Libye ont lancé hier un assaut sur le dernier carré des soldats fidèles au dirigeant déchu Mouammar Kadhafi à Syrte, les bombardant à l’artillerie et aux obus. Après avoir présenté en début de semaine comme imminente la chute de Syrte, les combattants du Conseil national de transition (CNT) peinaient à déloger de leurs dernières redoutes les pro-Kadhafi, qui opposent une résistance acharnée. Le CNT attend la chute de cette ville symbole pour proclamer la « libération totale » du pays et former un gouvernement chargé de gérer la transition. Mais l’amateurisme désarmant de ses combattants les empêche d’appliquer une tactique ordonnée face à la poignée de loyalistes. Les hommes du CNT sont désormais regroupés au QG de la police à Syrte, où ils s’étaient repliés jeudi après avoir reculé de deux kilomètres devant la violente riposte des pro-Kadhafi. Ils ont lancé leur offensive contre les quartiers « Dollar » et « N° 2 », où sont retranchés leurs adversaires. Des colonnes d’épaisse fumée noire se dégageaient des deux quartiers. Au moins six personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées, selon des sources médicales dans deux hôpitaux de campagne. À la tombée de la nuit, les combattants rentraient dans leur base, au QG de la police. « La bataille de Syrte va se terminer très bientôt, mais la guerre en Libye ne s’achèvera qu’avec la capture de Kadhafi », veut croire un combattant du CNT, Abdessalam Farjani.
D’ailleurs, les nouvelles autorités recherchaient toujours activement Mouammar Kadhafi et ses fils, Moutassim et Seif el-Islam, dont des combattants affirment qu’ils se trouvent respectivement à Syrte et Bani Walid, un autre bastion pro-Kadhafi. Le CNT assure que l’arrestation de l’ancien dirigeant « n’est qu’une question de temps », mais s’interroge sur de possibles manipulations après l’annonce mercredi de la capture de Moutassim, finalement démentie. « Il pourrait s’agir d’une stratégie, d’une rumeur répandue pour semer la confusion et lui permettre de s’échapper de Syrte », estime Abderrahmane Boussine, porte-parole du CNT.
Outre Syrte, les forces du CNT assiégeaient toujours l’oasis de Bani Walid. Selon les commandants, les combats sont suspendus pour préparer la prochaine offensive contre les 1 500 hommes pro-Kadhafi toujours présents dans la ville. L’ex-rébellion a également affronté brièvement des partisans de l’ex-leader dans le quartier d’Abou Slim à Tripoli, pour la première fois depuis la chute de la capitale le 23 août, selon le CNT. Ces combats ont fait au moins huit blessés parmi les hommes du CNT, selon une source hospitalière.
Sur le plan humanitaire, une responsable du Haut-Commissariat de l’ONU aux Droits de l’homme, Mona Rishmawi, a demandé au CNT de régler la situation de plus de 7 000 personnes, dont des travailleurs migrants, détenues dans 67 centres de détention en Libye. Enfin, le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires militaires, Andrew Shapiro, a affirmé qu’une équipe de 14 experts américains se trouvait en Libye pour retrouver les armes du régime déchu – missiles sol-air et roquettes portables – et éviter leur dispersion. Cette mission fait partie d’un programme destiné à aider le CNT à sécuriser les stocks d’armes.
(Source : agences)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les forces du nouveau régime en Libye ont lancé hier un assaut sur le dernier carré des soldats fidèles au dirigeant déchu Mouammar Kadhafi à Syrte, les bombardant à l’artillerie et aux obus. Après avoir présenté en début de semaine comme imminente la chute de Syrte, les combattants du Conseil national de transition (CNT) peinaient à déloger de leurs dernières redoutes les pro-Kadhafi, qui opposent une résistance acharnée. Le CNT attend la chute de cette ville symbole pour proclamer la « libération totale » du pays et former un gouvernement chargé de gérer la transition. Mais l’amateurisme désarmant de ses combattants les empêche d’appliquer une tactique ordonnée face à la poignée de loyalistes. Les hommes du CNT sont désormais regroupés au QG de la police à Syrte, où ils s’étaient repliés jeudi...