Une visite à Bruxelles le 20 octobre du président Viktor Ianoukovitch pourrait désormais être annulée, selon l’influent journal en ligne Ukraïnska Pravda, alors que Kiev espérait conclure un accord d’association avec l’UE en décembre. L’énoncé du jugement par un tribunal de Kiev mardi a en effet déclenché les foudres de l’Union européenne et des États-Unis qui ont dénoncé un procès à connotation politique. La Russie, qui a ses intérêts propres dans cette ex-république soviétique, a également exprimé à sa manière sa réprobation.
« Ianoukovitch s’est retrouvé seul face à ce problème. Tous sont contre lui, Washington, Bruxelles, Moscou, sauf peut-être (le dirigeant nord-coréen) Kim Jong-il et le président belarusse » Alexandre Loukachenko, considéré comme paria en Europe, a déclaré le député d’opposition, ex-président du Parlement, Arseni Iatseniouk.
M. Ianoukovitch a tenté mardi d’apaiser les critiques, soulignant qu’une sanction plus clémente à l’égard de Mme Timochenko était possible en appel. Hier, son ministre de la Justice Olexandre Lavrinovitch lui a fait écho.
Une autre option consiste à dépénaliser les charges contre Mme Timochenko après l’examen de son dossier par la cour d’appel, ce qui prendra plusieurs semaines, estime M. Iatseniouk.
Les avocats de Mme Timochenko ont pour leur part indiqué qu’ils allaient saisir cette instance la semaine prochaine.
« Évidemment, il y a une possibilité de garder Timochenko en prison. Mais je suis sûr qu’elle sera en liberté avant la fin de l’année », a dit M. Iatseniouk, dont l’opinion est partagée par nombre d’observateurs à Kiev, qui évoquent le sommet Ukraine-UE de décembre comme date butoir.
Rappelons que la dame de fer ukrainienne est la principale opposante au pouvoir du président Viktor Ianoukovitch, et cette condamnation, si elle n’est pas revue en appel, l’écartera de la vie politique à la veille des législatives de 2012.


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