L’échange doit se dérouler en deux phases : « 450 détenus seront libérés dans une semaine et 550 autres dans deux mois », a ainsi précisé le chef du Hamas en exil à Damas, Khaled Mechaal. Le chef du service de sécurité intérieure israélien, le Shin Beth, a précisé que sur les 450, 163 détenus de Cisjordanie seraient expulsés vers la bande de Gaza et 40 vers des pays étrangers, alors que le Hamas refusait toute mesure de bannissement.
Dans la soirée, un porte-parole des Comités de résistance populaire (CRP), un des trois groupes armés, dont la branche militaire du Hamas, qui ont enlevé Shalit, a annoncé que le soldat israélien « a été informé de la conclusion d’un échange de prisonniers. La réponse du prisonnier était claire : il a reproché à son commandement et à son gouvernement le retard pris dans sa libération, indiquant qu’il les poursuivrait pour avoir tardé dans la conclusion de l’accord ».
Rappelons qu’Israël et le Hamas, au pouvoir à Gaza, ont révélé mardi soir avoir conclu un accord sous médiation égyptienne pour l’échanger de Gilad Shalit contre 1 027 détenus palestiniens, dont 27 femmes.
Suite à cette annonce, les Israéliens se réjouissaient de revoir le tankiste de 25 ans, après plus de cinq ans de « cruelle » captivité à Gaza, à l’image de ses supporteurs du même âge qui ont chanté et dansé pendant la nuit autour de la tente de la famille Shalit, devant la résidence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Jérusalem. Apaisés, pleins d’espoir, les parents de Gilad Shalit ont quitté hier cette tente pour rentrer chez eux.
La victoire de Netanyahu
Pourtant, certains commentateurs exprimaient leurs réserves sur le prix consenti pour le retour du soldat, libéré « contre des centaines d’assassins », comme le relevait le journal national-religieux Makor Rishon en résumant : « Une bonne nouvelle pour la famille, une mauvaise pour l’État. »
Sur le plan politique, Benjamin Netanyahu, à qui les critiques reprochent un caractère irrésolu, sort grandi de l’épreuve, applaudi pour « avoir pris la bonne décision ». Même le Haaretz, quotidien d’opposition, a salué « la décision la plus difficile de sa vie. Depuis 30 mois qu’il est au pouvoir, il n’a pas lancé de guerre, il n’a pas fait la paix, il n’a pas trouvé de solutions pour apaiser le mouvement de contestation sociale, mais il restera dans l’histoire comme le Premier ministre qui a ramené Gilad Shalit à la maison », a écrit Yossi Verter, un des plus virulents critiques de la politique de M. Netanyahu.
Mais d’autres sont beaucoup plus réservés : « Le Hamas a montré aux Palestiniens que la voie du terrorisme est la meilleure. Chaque jeune Palestinien saura qu’on peut tuer des juifs et se retrouver libre en vertu d’un marchandage. Et tout cela avant même de faire le décompte des futures victimes », a regretté sombrement le Maariv. Un éditorialiste du même journal dénonce carrément une « capitulation ».
Côté palestinien, le président Mahmoud Abbas a salué depuis le Venezuela l’accord avec Israël : « Nous avons travaillé ardemment pendant beaucoup de temps », a-t-il dit, relevant que même après la libération de ce millier de prisonniers, « il restera dans les prisons israéliennes 5 000 Palestiniens attendus avec impatience par leurs familles ». Dans ce contexte, l’Autorité palestinienne a demandé à l’État hébreu de mettre fin à l’isolement des détenus palestiniens, contre lequel des centaines d’entre eux sont en grève de la faim.
Par ailleurs, des responsables du Fateh et du Hamas, dont Khaled Mechaal, se sont rendus hier au Caire, selon des sources concordantes.
Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. En France, Nicolas Sarkozy s’est réjoui « très vivement de l’annonce et a félicité Benjamin Netanyahu pour ce succès majeur ». Plus tôt, son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé avait indiqué que Paris avait œuvré pour cette libération, souhaitant « que cet accord aide à relancer le dialogue israélo-palestinien ». Dans la soirée, le président israélien Shimon Peres a appelé M. Sarkozy pour le « remercier de la contribution » de Paris.
La chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, a également salué cette libération. Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu s’est quant à lui félicité d’un « bon accord ».
Signalons finalement que la Maison-Blanche s’est dit « heureuse ».
(Source : agences)


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