Venant du front est, les combattants du CNT ont pris en début d’après-midi le contrôle du QG de la police dans le centre de Syrte, le saccageant et déchirant les portraits de l’ancien dirigeant en fuite, selon un journaliste de l’AFP sur place. « C’est presque fait, il ne reste presque plus rien », a dit l’un des chefs du front est et de la brigade « Libye libre », Nasser el-Mgasbi, alors que les pro-Kadhafi étaient acculés à battre en retraite dans une zone constituée de la place centrale et de secteurs plus au sud où étaient concentrés les combats. La prise de la place centrale permettra au CNT d’annoncer le contrôle de la ville même si quelques poches de résistance subsistaient.
Outre cette région dont est originaire Mouammar Kadhafi, les forces du CNT tentent de prendre l’autre principal bastion du régime déchu, Bani Walid, qui, espèrent-elles, tombera dans le sillage de la chute de Syrte. Des dizaines de civils continuaient de fuir la ville hier. « On entend dire qu’il va y avoir des combats. Dans la ville il n’y a pas de docteur, plus d’eau, plus d’électricité », a dit un habitant. Une équipe médicale prenait possession de bâtiments désaffectés pour en faire un hôpital de campagne en prévision des combats à venir. Les commandants tentaient de remettre de l’ordre parmi leurs troupes avant une nouvelle offensive après plusieurs cafouillages meurtriers. Mobilisés eux aussi depuis près d’un mois sur ce front, les forces du CNT attendaient la chute de Syrte, pour recevoir les renforts nécessaires pour l’assaut final.
De son côté, le plus haut responsable militaire de l’OTAN, l’amiral Gianpaolo Di Paola, a assuré hier que « la chute de Syrte sera un moment-clé », tout en précisant que ce ne serait pas « le seul facteur » pris en compte par l’Alliance pour décider de mettre fin aux opérations lancées fin mars.
Par ailleurs, le chef de la diplomatie canadienne John Baird s’est rendu hier à Tripoli où il a annoncé une aide de dix millions de dollars au pays, destinée à sécuriser les armes de destruction massive et à liquider les engins explosifs disséminés par la guerre. L’aide fournie par le Canada servira également à améliorer les droits des femmes, à renforcer la démocratie et à accroître les échanges commerciaux, selon un communiqué du ministère canadien des Affaires étrangères.
(Source : AFP)

