Le camp de l’opposante a tout de suite annoncé son intention de contester cette décision en appel et devant la justice européenne, tout en appelant à la lutte contre l’« autoritarisme » en Ukraine.
Moscou a de son côté immédiatement dénoncé le caractère « antirusse » de l’affaire, le Premier ministre Vladimir Poutine disant « ne pas comprendre » pourquoi Ioulia Timochenko a été condamnée. L’homme fort de la Russie, qui a annoncé son intention de revenir au Kremlin en 2012, a aussi mis en garde contre les tentatives de révision des accords gaziers. « Jeter le doute sur cet ensemble d’accords est dangereux et contreproductif », a-t-il déclaré. Rappelons que Kiev tente depuis des mois d’obtenir une révision de ces contrats, dont la signature avait mis fin à un conflit gazier entre Kiev et Moscou ayant perturbé les approvisionnements en gaz russe de l’Union européenne, la Russie refusant de baisser le prix de son gaz sans contreparties.
L’Union européenne, avec qui Kiev tente de négocier un accord de partenariat, a aussi vivement critiqué ce jugement. L’UE est « profondément déçue » par ce procès « qui n’a pas respecté les normes internationales » et l’Ukraine s’expose à de graves conséquences si Mme Timochenko ne bénéficie pas d’une procédure équitable en appel, a déclaré la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.
La France a également critiqué cette condamnation estimant que les droits de la défense ont été violés et que ce jugement est lié à des motivations politiques.
L’administration Obama a dénoncé pour sa part une condamnation « motivée politiquement ».
Le président ukrainien, qui dément être derrière les problèmes judiciaires du plus emblématique de ses opposants, a affirmé de son côté comprendre les inquiétudes européennes. « C’est sans aucun doute un cas regrettable qui empêche l’intégration européenne de l’Ukraine. Mais cette décision n’est pas définitive » car l’affaire Timochenko doit encore passer devant la cour d’appel, a poursuivi M. Ianoukovitch.
Cette petite phrase vient conforter les prédictions d’analystes ukrainiens qui s’attendent à ce que Mme Timochenko soit finalement remise en liberté mais écartée du jeu politique pour un temps, ce qui permettrait à Kiev de faire meilleure figure devant l’UE.
Entourée de son mari et de sa fille, la chef de l’opposition ukrainienne s’est pour sa part montrée combative comme à son habitude, dénonçant « l’autoritarisme » du président ukrainien et comparant le jugement « à l’année 1937 » en URSS, en référence aux purges menées par Staline à l’époque.
Devant le tribunal, à Kiev, un millier de partisans de l’opposition ont manifesté toute la journée. Face à eux, autant de partisans du pouvoir défilaient, sous l’œil de centaines policiers d’unités antiémeute. Huit manifestants pro-Timochenko qui ont tenté de bloquer la circulation sur Khrechtchatik, l’artère principale de Kiev, ont été interpellés.
(Source : AFP)


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