Le ministre français de l’Économie, François Baroin, a confirmé hier que le démantèlement de la banque franco-belge était en marche, précisant que pour la partie collectivités locales, celle qui inquiète le plus les élus locaux, une « réponse très importante » serait apportée dès aujourd’hui. Il a reconnu que « la piste la plus sérieuse » passait par la Caisse des dépôts (CDC) et la Banque Postale, qui se substitueraient à Dexia pour prêter aux collectivités. Le Premier ministre belge, Yves Leterme, avait annoncé la veille au soir que son gouvernement avait approuvé la création d’une structure de défaisance ( « bad bank » ) pour délester Dexia de ses actifs à risque.
Quant aux garanties apportées par les deux États, M. Baroin a précisé qu’elles ne porteraient pas sur les actifs de la banque, comme imaginé initialement, mais sur son financement.
En pleine crise de la dette, alors que l’état des finances publiques des pays de la zone euro est scruté par les marchés, la perspective que deux États comme la France et la Belgique prennent un risque sur une banque à l’agonie n’est pas sans inquiéter. D’autant que c’est la deuxième fois que Paris et Bruxelles volent au secours de Dexia. « On est pris à la gorge », s’est inquiété l’ancien Premier ministre français Laurent Fabius. « Le gouvernement français va sans doute intervenir, mais si on se met ça sur le dos, ça veut dire que notre triple A ne va pas être conforté. » « Excessif » et « inexact », a réagi le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer : l’intervention de la France en faveur de Dexia ne menace pas la note « AAA » du pays, la meilleure possible pour un État. M. Baroin a quant à lui expliqué que l’opération « n’alourdira pas la dette de l’État français » car Bruxelles n’intègre pas les garanties aux établissements financiers dans le calcul de la dette publique.
Décidé à rassurer, le Premier ministre français François Fillon a indiqué que les garanties seraient rémunérées.
Du côté des agences de notation, on rappelait que la note de la France est toujours restée au plus haut, même lorsque le pays a accordé en 2008 des garanties massives à ses banques.
En plein débat européen sur la recapitalisation des banques européennes, le gouverneur de la Banque de France a écarté de son côté le risque que d’autres établissements français soient victimes de la même crise de liquidité que Dexia. « Pour les banques françaises dont je m’occupe, elles sont très solides, je le redis. Franchement, je suis beaucoup moins inquiet pour les banques françaises que pour les banques américaines », a affirmé M. Noyer.
À la Bourse de Paris, le titre Dexia a gagné 1,29 % à 1,02 euro, dans un marché qui a terminé en forte hausse de 4,33 %.
(Source : AFP)

