C’est la bonne nouvelle que la directrice de l’institut de physiothérapie de l’USJ, Nisrine Lattouf, confie à L’Orient-Le Jour. Une séance de présentation de la formation à l’acupuncture vient de montrer l’intérêt que le corps médical et les physiothérapeutes portent à cette technique, qui n’a plus besoin de faire ses preuves sur le plan thérapeutique.
Très sommairement, cette médecine est basée sur la connaissance des flux chauds et froids, appelés en chinois yin et yan, qui parcourent notre corps suivant des faisceaux, un peu comme les fuseaux horaires divisent la planète. La perturbation de ces flux, leur dérèglement, c’est la maladie, la douleur, le malaise. Leur rétablissement, grâce à l’acupuncture, c’est la santé.
Une efficacité prouvée
L’acupuncture a fait ses preuves. Son efficacité est basée sur l’évidence. Pour le dire comme les anglophones, c’est une « evidence based practice ». Cette efficacité se manifeste dans de très nombreux domaines, qui sont aussi ceux des physiothérapeutes. Ce n’est pas une médecine opératoire, ou basée sur les médicaments, mais une médecine dite « douce » qui épargne à l’être humain le choc opératoire et le choc chimique, qui ne sont pas toujours souhaitables ou nécessaires.
C’est donc une médecine complémentaire qui, dans des problèmes de stress par exemple, si communs aujourd’hui, apporte des réponses là où notre médecine traditionnelle reste marginale.
Surtout, l’acupuncture est une formation complémentaire idéale de la physiothérapie, par son côté disons « humain ». On ne saurait le nier, la médecine occidentale tend de plus en plus à se robotiser, à se déshumaniser.
Mais parce que ce professionnel de santé offre des « soins primaires », parce que son métier est de prévenir, d’évaluer et de traiter les déficiences, les incapacités et les troubles touchant les mouvements et les fonctions physiques, le physiothérapeute est obligatoirement proche de son patient, et pour tout dire à portée de main, souligne Nisrine Lattouf. On le trouve dans les hôpitaux, les centres de réadaptation, les clubs sportifs, les entreprises, les écoles, etc. De ce fait, il se rapproche beaucoup de ces généralistes d’antan qui prenaient leur temps pour ausculter et interroger leur patient, afin de cerner son mal et lui prescrire un remède, loin de la médecine de téléphone et des calculs de rentabilité qui dénaturent certains diagnostics, et dont se plaignent aujourd’hui beaucoup de patients.
Des atouts réels, mais méconnus
« Nos atouts sont réels, mais mal exploités, souligne Nisrine Lattouf. Notre métier est subordonné à celui des médecins. Les patients doivent nous être référés. Malheureusement, les patients ignorent trop ce que la physiothérapie et l’acupuncture peuvent leur apporter. »
La directrice de l’institut de physiothérapie donne sur ce point un bon exemple. « Nous sommes à l’approche de l’hiver, dit-elle. Bientôt, tous les parents auront à affronter les rhumes, bronchites et autres infections communes à la saison, et courront dans les pharmacies pour acheter antitussifs et sirops expectorants. Or il y a, en physiothérapie, des techniques de désencombrement bronchique, même pour le nourrisson, qui donnent d’excellents résultats. »
D’autres exemples ? Prenez la rééducation uro-génitale, ou le lymphodème au niveau du bras, en cas d’ablation dans les cancers du sein, ajoute Nisrine Lattouf. Il y a de très nombreux handicaps dont la solution est entre les mains des physiothérapeutes. Des appareillages sont également à leur disposition, car la majorité des physiothérapeutes ne se contentent plus d’être généralistes. Ils se spécialisent dans des domaines spécifiques de rééducation pour une meilleure prise en charge. En projet, annonce la directrice de l’institut de physiothérapie, un centre de physiothérapie relevant de l’USJ.
F. N.

