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Nos lecteurs ont la parole

Loi antitabac : on s’occupe enfin de nous !

Lamia SFEIR DAROUNI
Qui a dit que notre gouvernement ne s’occupait que de ses propres problèmes et de ses propres états d’âme ? Qui a cru qu’il ne pensait pas au peuple, à ses souffrances au quotidien et à sa santé ? Qui a prétendu que leurs propres intérêts prévalaient alors que nous attendons toujours qu’ils se penchent sur notre misère?
Eh bien, détrompez-vous ! Notre gouvernement s’est rappelé de notre existence. Il s’est soucié de notre santé et de nos problèmes. Remarquez, entre leurs querelles, leurs disputes et leurs insultes durant leurs séances parlementaires, il était quand même difficile de penser au peuple. Mais ils l’ont fait ! Ils ont enfin voté la loi antitabac qui va sévir dans les restos et les lieux publics dans un an. Une loi qui traîne dans les tiroirs, une de plus, depuis des années. Ils l’ont enfin votée, n’en déplaise aux gros fumeurs de cigare, narguilé et cigarillo (dernière mode des dames très in de notre société). Nous allons enfin, nous les non-fumeurs, les oubliés de la société, respirer, jouir de nos soirées et ressortir sans fumée et sans odeurs. Alléluia !
Oui mais il est une chose très importante, Messieurs les Ministres. Une chose qui, hélas, est grave dans ce pays où la discrimination est poussée, où la loi du plus fort et du plus influent régit notre quotidien. Il faudrait que cette loi s’applique systématiquement à tout le monde sans exception. Aux fils de ministres autant qu’aux ministres eux-mêmes, aux députés et aux politiciens qui, loin de donner le bon exemple, suivent leurs propres lois et font fi de toutes les autres parce qu’ils font partie, eux, de cette classe intouchable qu’est la classe politique au Liban, et que, pour eux, tout est permis, rien n’est défendu. Il faudrait qu’elle s’adresse, cette loi, aux fils à papa et aux gros bonnets qui, usant de leur toute-puissance, ne se sentent nullement concernés par les règlements. Bien au contraire, ils usent de leurs moyens financiers et du rang social de papa, pour soudoyer les uns et créer leurs propres lois, selon leurs désirs et leurs envies. Elle devrait également s’appliquer à tous les zouaves et « zaïms » de la ville, qui se trimballent torse bombé et cigare à la bouche (virilité exige), narguant les uns, défiant les autres, allant jusqu’à « menacer » les propriétaires des restos et bars de sanctions, pour pouvoir fumer leur cigare tranquillement.
C’est à toutes ces personnes, classes, rangs, conditions et hiérarchie confondus, que doit s’appliquer cette loi.Ce n’est qu’à ce prix que l’ordre sera respecté et votre crédibilité sauvée. Ce n’est qu’à ce prix que nous sentirons que l’on s’occupe enfin de nous et que justice peut être quand même faite, dans ce pays où la loi du plus fort est toujours la meilleure.
Il n’est jamais trop tard pour bien faire, messieurs. Vous prétendez au changement et au meilleur. Voilà l’occasion de le prouver.

Lamia SFEIR DAROUNI
Qui a dit que notre gouvernement ne s’occupait que de ses propres problèmes et de ses propres états d’âme ? Qui a cru qu’il ne pensait pas au peuple, à ses souffrances au quotidien et à sa santé ? Qui a prétendu que leurs propres intérêts prévalaient alors que nous attendons toujours qu’ils se penchent sur notre misère? Eh bien, détrompez-vous ! Notre gouvernement s’est rappelé de notre existence. Il s’est soucié de notre santé et de nos problèmes. Remarquez, entre leurs querelles, leurs disputes et leurs insultes durant leurs séances parlementaires, il était quand même difficile de penser au peuple. Mais ils l’ont fait ! Ils ont enfin voté la loi antitabac qui va sévir dans les restos et les lieux publics dans un an. Une loi qui traîne dans les tiroirs, une de plus, depuis des années. Ils l’ont...
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