Une harmonisation qui n’est pas toujours facile à réaliser. Ainsi, au cours de la réunion précitée, des divergences marquées sont apparues sur plusieurs sujets. Notamment sur les rapports avec Bkerké, nommément avec le patriarche Raï, après ses propos dédouanant le régime syrien et l’armement du Hezbollah. En contradiction totale avec les constantes de la révolution du Cèdre, inspirées du célèbre manifeste des évêques maronites, publié sous l’égide même de Bkerké, au début des années 2000.
L’un des participants a suggéré qu’on laisse du temps à l’intéressé, sans réprouver ouvertement les manquements enregistrés. Donc sans critiquer le patriarche actuel ni, a fortiori, les prestations du siège patriarcal en tant que tel.
Une tendance lénifiante qui s’inscrit dans le prolongement de la réaction de Hariri lui-même. En effet, prenant note des déclarations patriarcales à Paris, l’ancien président de Conseil a aussitôt prié les membres du bloc Liban d’abord de ne pas s’en prendre au prélat. En leur rappelant que Bkerké reste un recours national. Dont il faut, à son avis, briquer l’aura en évitant de l’impliquer dans des tiraillements politiques.
Dès lors, si l’on a des observations à formuler, des appréhensions à développer, il est préférable d’aller en faire part de vive voix au patriarche. Sans s’épancher dans les médias ou devant des gens. C’est ce que soutient le député Samy Gemayel.
Du respect avant tout : des souverainistes estiment qu’ils ne doivent pas reprendre à l’égard de Raï l’attitude agressive, limite offensante, que les membres du bloc du Changement et de la Réforme, dirigé par Aoun, avaient eue face à Sfeir.
Plaidoyer
Allant encore plus loin dans l’empathie, des minoritaires relèvent que le patriarche Raï a son style propre, sa méthode de pensée personnelle et sa façon toute singulière de l’exprimer. À leurs yeux, à leurs oreilles surtout, les éclaircissements qu’il a donnés à son retour de Paris, en déclarant que ses propos avaient été tronqués, sortis de leur contexte, sont suffisants.
Encore que l’on ne voit pas trop comment, puisqu’ils n’ont pas été suivis de précisions... éclairantes. Ce à quoi ces éléments répondent, ou (se) promettent, que de nouvelles prises de position du patriarche vont permettre de mettre les points sur les i. Et de déterminer la vérité. Ils ajoutent que c’est ce qui ressort de sa participation au sommet religieux de Dar el-Fatwa.
En indiquant que lors de sa tournée au Sud, il a insisté sur l’attachement de Bkerké aux constantes nationales, ainsi que sur le souci de ne pas voir le siège patriarcal impliqué dans des controverses politiques. Sa position étant de rester à l’écart des sujets conflictuels opposant les Libanais. Ou, plus exactement, de ne pas prendre parti pour les uns contre les autres.
Ce qui est rassurant, en regard des objectifs du 14 Mars, c’est que ces défenseurs de Raï assurent que nul ne peut outrepasser les constantes originelles de Bkerké, autrement dit les principes nationaux. Même si les façons de les défendre par le verbe peuvent beaucoup différer. Comme on le constate en ce qui concerne Raï qui ne s’exprime pas comme le faisait Sfeir. Selon eux, l’essence, le nucleus restent identiques.
Ils ajoutent que Raï se distingue sans doute par sa volonté d’ouverture sur tous. Façon, sans doute, de dire que ses propos contestés étaient d’ordre diplomatique... Ils rappellent enfin que le patriarche agit dans un esprit de dynamique rénovée, peu usuelle à Bkerké, à l’image de Jean XXIII et de Jean-Paul II, qui avaient sorti le Vatican de sa léthargie.
Un ancien ministre applaudit à cette orientation, en soulignant que jadis on disait : « Le patriarche reçoit et ne rend pas visite », ce que Raï rend obsolète.
Retour aux réunions du 14 Mars. L’un des pôles souhaite qu’elles se poursuivent, pour bien suivre les développements régionaux, notamment en Syrie. Afin de bien ajuster les positions. Tout en s’efforçant de cerner les contours de la feuille de route véritable du cabinet Mikati. Selon par des contacts, des sondages, après son retour de New York où il a promis le financement du TSL et répété l’engagement à honorer les obligations internationales du Liban, dans le respect des résolutions du Conseil de sécurité. Le 14 Mars, on le sait, et il le dit, veut des actes, pas des promesses. Et il attend de voir si Mikati va tenir bon (et parole) ou s’il va finir par céder au Hezbollah et au CPL, opposés au financement. Cela étant, on sait aussi que le Hezbollah ne veut pas risquer une implosion du cabinet. Et ne compte pas livrer une bataille jusqu’au-boutiste pour le financement. Se réservant d’agir en mars quand il faudra renouveler, avec ratification du Liban, le mandat du tribunal.


Monsieur Issal, vous ne tirez rien de moi. Je suis réaliste et je n'appartiens à aucune formation. Je dis ce que je vois réel et ce que j'en pense. D'autres font le contraire. Cordialement Anastase Tsiris
15 h 37, le 30 septembre 2011