Israa Abdel Fattah, Waël Ghonim et Lina ben Mhenni sont parmi ceux pressentis pour être candidats au prix Nobel de la paix. Photos AFP
Le comité Nobel norvégien, qui décerne le prix de la paix à Oslo, a confirmé un nombre record de 241 candidats pour succéder au dissident chinois Liu Xiaobo. Parmi eux, l’historien des Nobel Asle Sveen verrait bien les cinq membres du comité choisir de récompenser le 7 octobre des acteurs du printemps arabe, ce mouvement qui a mené au renversement des régimes autoritaires en Tunisie, Égypte et Libye. Le prix pourrait aller par exemple à la blogueuse tunisienne Lina ben Mhenni, qui a tenu la chronique de la révolution sur Internet. « C’est une musulmane modérée, une femme, dont la récompense constituerait un soutien aux médias sociaux (dans la diffusion des révoltes populaires) et au printemps arabe », a expliqué M. Sveen. La dernière femme à avoir reçu le Nobel de la paix est, en 2004, l’écologiste kényane Wangari Maathai décédée dimanche.
Dans la même veine, le directeur de l’Institut de recherche pour la paix d’Oslo, Kristian Berg Harpviken, propose l’Égyptienne Israa Abdel Fattah et le Mouvement du 6 avril, dont elle est l’une des fondatrices et qui a « joué un rôle-clé dans le maintien du cap et de la non-violence des révoltes en Égypte ». Il évoque également un cybermilitant égyptien employé de Google au Moyen-Orient, Waël Ghonim, qui est un « militant non violent par principe » et qui a passé douze jours en prison pour avoir largement inspiré les manifestations de la place Tahrir au Caire. Le magazine Time en a fait l’une des personnalités les plus influentes de 2011. Parmi les autres noms qui circulent figurent ceux de la militante afghane des droits de l’homme Sima Samar, l’ONG russe Memorial, la pacifiste libérienne Leymah Gbowee, le Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai, l’ex-chancelier allemand Helmut Kohl et l’Union européenne.
En ce qui concerne le Nobel de littérature, les cercles littéraires à Stockholm estiment également que la situation au Moyen-Orient peut influencer le choix de l’Académie suédoise. « L’heure est venue pour un poète et pour le Moyen-Orient. Alors qui mieux qu’Adonis ? » annonce Nicklas Björkholm, responsable de la grande librairie Hedengrens dans le centre de Stockholm. En juin, Adonis, de son vrai nom Ali Ahmad Saïd Esber, a remporté le prestigieux prix Goethe. Résidant en France, il s’est illustré le même mois en publiant dans un quotidien libanais une lettre ouverte au président syrien Bachar el-Assad l’appelant à arrêter la répression sanglante. Selon certains, cependant, l’Académie refusera de récompenser un auteur trop présent dans l’actualité politique pour succéder à l’Hispano-Péruvien Mario Vargas Llosa.
Les lauréats dans chaque catégorie reçoivent un chèque d’1,08 million d’euros.
(Source : AFP)

