Cela fait déjà plusieurs années que Washington demande en vain à son allié de lancer une offensive dans la zone tribale du Waziristan du Nord, bastion du réseau Haqqani frontalier de l’Afghanistan. Mais les critiques américaines se sont intensifiées depuis la mi-septembre, après une série d’attaques meurtrières contre les Occidentaux dans la capitale afghane Kaboul, organisées par le réseau Haqqani selon Washington. Elles sont venues s’ajouter aux tensions déjà fortes entre les deux pays, alliés stratégiques depuis dix ans, depuis le raid unilatéral américain qui a tué Oussama Ben Laden le 2 mai à Abbottabad, dans le nord du Pakistan.
L’armée pakistanaise, qui compte 140 000 soldats dans le nord-ouest, le long de la frontière afghane, estime avoir déjà fait beaucoup depuis dix ans pour traquer les rebelles islamistes chez lui à la demande des Américains. Elle souligne que plus de 3 000 de ses soldats y ont trouvé la mort depuis la fin 2001, soit plus que les 2 735 soldats occidentaux tués en Afghanistan, et que son armée a déjà fort à faire face aux talibans dans ces zones tribales considérées par Washington comme le quartier général d’el-Qaëda.
« Il y a des problèmes plus urgents à résoudre » que le Waziristan du Nord, a ainsi souligné hier le haut responsable militaire pakistanais.
Les Américains bombardent par ailleurs régulièrement le Waziristan du Nord de tirs de drones, contre lesquels Islamabad ne proteste que mollement.
Fondé dans les années 1980 par un commandant de la résistance antisoviétique à l’époque financé par la CIA, le réseau Haqqani est la branche des talibans afghans la plus proche d’el-Qaëda.
(Source : AFP)


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