Vladimir Poutine, ou l’homme qui aime la nature, a annoncé sa candidature à la présidentielle 2012. Photo Reuters
Problèmes économiques, corruption et crise démographique : le troisième mandat présidentiel du tout-puissant Vladimir Poutine pourrait néanmoins s’avérer plus difficile à négocier que les précédents, selon des analystes. Si cette décision ne transforme pas le paysage politique, M. Poutine étant toujours resté le personnage central du régime, certains hauts responsables ont tout de même exprimé leur désaccord avec ce scénario, en particulier l’inamovible ministre des Finances, Alexeï Koudrine, apôtre du contrôle des dépenses et figure respectée des investisseurs étrangers. « Je ne me vois pas dans un nouveau gouvernement. Personne ne m’a d’ailleurs proposé quoi que ce soit. Je pense que les différends que j’ai ne me permettront pas d’en faire partie », a-t-il annoncé, cité par les agences russes. Rappelons que M. Koudrine, qui dirige le ministère des Finances depuis 2000, date de l’arrivée au Kremlin de M. Poutine, a expliqué « refuser inconditionnellement » de servir dans un gouvernement dirigé par M. Medvedev car il s’oppose à une hausse des dépenses budgétaires. « Cela va créer des risques supplémentaires pour le budget et l’économie. Cela veut dire qu’on ne pourra pas réduire nos déficits », a-t-il estimé, relevant que dans un tel contexte, la Russie sera encore plus dépendante de ses exportations d’hydrocarbures, dont les revenus nourrissent l’économie.
De son côté, le chef adjoint de l’administration présidentielle et idéologue du régime russe, Vladislav Sourkov, proche de M. Poutine, a averti hier au cours d’un forum à Moscou qu’il n’y aurait « pas de changements radicaux » au cours des prochaines années.
Place Pouchkine, le « niet »...
Le conseiller économique de M. Medvedev, Arkadi Dvorkovitch, a lui exprimé sa déception samedi face au retour annoncé de Vladimir Poutine. « Il n’y a aucune raison de se réjouir », a-t-il écrit sur son compte Twitter. Face à une telle nouvelle, c’est « le bon moment de zapper pour regarder une chaîne sportive », a encore jugé M. Dvorkovitch.
Le porte-parole de M. Poutine, Dmitri Peskov, a souligné de son côté que « si une personne était en désaccord avec les choix stratégiques du tandem, elle devrait quitter l’équipe ».
L’annonce de la candidature de M. Poutine a également fait bouger la rue. Répondant à l’appel de plusieurs mouvements d’opposition comme le Front civil uni fondé par l’ex-champion d’échecs Garry Kasparov, environ 300 personnes se sont rassemblées place Pouchkine, à Moscou, exhibant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Poutine doit partir » ou « Vos élections sont une farce ». « Je suis venue protester contre Poutine et Medvedev car ils se sont attribué eux-mêmes les postes, alors que c’est au peuple de choisir ses dirigeants », a déclaré Antonina, une retraitée de 73 ans portant un béret rouge orné d’un pin’s du Parti communiste.
M. Poutine reste néanmoins très populaire, et la seule évocation de son nom fait apparaître le sourire sur certains visages, comme celui de Ioulia Iegorovna, libraire depuis 45 ans : « Je pense que c’est un amour ! »
(Source : AFP)


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