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Culture - Musique

Le dulcimer en pince encore

En plein règne des synthétiseurs, des mellotrons et autres instruments numériques, on aime encore aux USA le son du dulcimer venant des Appalaches et manié par les « folk groups ».

Carl Gotzmer dans son atelier.

Le dulcimer. L’un de ses plus illustres fabricants (et ils ne sont pas légion) est établi dans le Maryland, non loin de la capitale fédérale. Il se nomme Carl Gotzmer et n’était pas au départ un fan de « folk music », style qui a régénéré cet instrument médiéval. Il se destinait à devenir ingénieur en chimie. Lorsqu’à la fin de ses études, en 1963, il assiste par hasard à une conférence donnée par un grand spécialiste du dulcimer, Ralph Lee Smith. Pour lui, surgit un monde totalement inconnu qu’il décide de découvrir. « C’est une invention américaine, dit-il, que le grand public ignore. C’est une tranche de l’histoire tombée dans l’oubli. »
En effet, le dulcimer, qui est d’origine nord-européenne, avait seulement survécu dans les montagnes des Appalaches, où les migrants l’avaient jadis apporté. C’est un cousin de l’épinette des Vosges, du hummel, allemand et du langeleik de Norvège. Après une longue période d’oubli, cet instrument a connu un regain d’intérêt dans les années 1970, à la faveur du mouvement folk. Depuis, des luthiers ont repris sa fabrication aux États-Unis et au Canada, et d’importantes rencontres de musiciens ont lieu sur le continent nord-américain, donnant lieu à des concours. Son nom en vieux français est « doulce melle », signifiant « douce mélodie », en rapport avec son volume sonore modeste. Par déformation phonétique, les anglophones le nommèrent dulcimer.

Plus de quatre mille instruments
Il a donc trouvé sa place au soleil dans les orchestres « folk » qui en demandent et en redemandent, comme témoigne la bonne marche de l’atelier de Carl Gotzmer. À 69 ans, il pratique encore cet artisanat avec son épouse Kathleen et leur fille Ayden et, en 30 ans de métier, il a produit plus de quatre mille instruments : du dulcimer à d’autres de la même famille, dont certains souvent moins connus comme l’épinette islandaise. Son background scientifique lui a facilité l’appréhension de la physique de la sonorité. Il dessine lui-même les modèles des instruments et toutes les parties qui les constituent. De même qu’il grave lui-même les emblèmes propres à chaque type, par exemple la croix celte, la tête de dragon de l’emblème gallois, etc. Le choix du bois est déterminant dans la fabrication des dulcimers, tant du point de vue de la sonorisation que de l’esthétique. Carl Gotzmer utilise toute une variété : le cèdre rouge, le genévrier de Virginie, le noyer noir, l’érable, le bois de rose, le sycomore, l’ébène, le bois de cerisier et le bois zébré. Quant à la touche finale ou la juste tonalité, elle est réalisée à l’aide d’un outillage accordeur très perfectionné. Et c’est à cette adresse que se fournissent les grandes stars de la musique traditionnelle de l’Amérique profonde qui, elle aussi, n’est pas du tout en train de prendre des rides. Ainsi, il existe une formation nommée « Mill run Dulcimer band » qui, depuis deux décades, remporte succès sur succès avec son répertoire puisé dans les mélodies et les rythmes appalachiens. Cet orchestre pas du tout comme les autres a récemment remporté le prix du meilleur groupe acoustique.
Le dulcimer. L’un de ses plus illustres fabricants (et ils ne sont pas légion) est établi dans le Maryland, non loin de la capitale fédérale. Il se nomme Carl Gotzmer et n’était pas au départ un fan de « folk music », style qui a régénéré cet instrument médiéval. Il se destinait à devenir ingénieur en chimie. Lorsqu’à la fin de ses études, en 1963, il assiste par hasard à une conférence donnée par un grand spécialiste du dulcimer, Ralph Lee Smith. Pour lui, surgit un monde totalement inconnu qu’il décide de découvrir. « C’est une invention américaine, dit-il, que le grand public ignore. C’est une tranche de l’histoire tombée dans l’oubli. » En effet, le dulcimer, qui est d’origine nord-européenne, avait seulement survécu dans les montagnes des Appalaches, où les migrants l’avaient...
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