À Bani Walid de violents combats opposaient toujours les forces du CNT aux partisans de Kadhafi, a annoncé Abdallah Kenchil, un responsable local des nouvelles autorités. « Les révolutionnaires sont entrés ce matin à Bani Walid et livrent une rude bataille », a-t-il déclaré, assurant cependant que la libération de ce vaste oasis au relief accidenté serait terminée « dans les deux prochains jours ».
Selon lui, les combattants qui défendent la ville sont « des mercenaires du Tchad, du Niger et du Togo, d’après les corps récupérés ». Des négociations sont par ailleurs en cours pour permettre aux civils, estimés selon lui à près de 50 000, de quitter la ville.
M. Kenchil a aussi répété que Seif al-Islam, un des fils du colonel Kadhafi, avait été vu à Bani Walid et que l’ancien « guide » lui-même pourrait également s’y trouver. Mais le sort de Mouammar Kadhafi et de ses fils, dont trois sont réfugiés en Algérie ou au Niger et deux seraient morts, a déjà donné lieu à de nombreuses rumeurs.
Samedi, un avion cargo militaire turc a essuyé des tirs de DCA alors qu’il effectuait un parachutage d’aide humanitaire à Bani Walid, a par ailleurs rapporté hier l’agence de presse Anatolie, sans que l’on sache encore si les tirs provenaient de pro ou d’anti-Kadhafi.
À Syrte, à 360 km à l’est de Tripoli, les pro-CNT cherchaient surtout à consolider leurs positions et à dégager les principales artères pour laisser partir les civils. Des dizaines de familles ont fui hier cette ville de 130 000 habitants. « Les forces de Kadhafi tirent sur nous à l’artillerie lourde, devant et entre nos maisons », a expliqué Tarek Mohammad, un habitant d’un quartier côtier, en quittant la ville avec sa femme et sa fille.
Selon un porte-parole militaire du CNT, les combats se concentraient autour du complexe de Ouagadougou, où le colonel Kadhafi tenait des sommets panafricains, qui semble devenu la nouvelle base de la célèbre 32e brigade. Les combattants estiment que cette unité d’élite commandée par Khamis Kadhafi, un fils du dirigeant déchu dont les pro-CNT ont déjà annoncé la mort à plusieurs reprises, a été reprise par son frère Mouatassim, médecin et militaire de carrière.
Sur le front est de la ville, les combattants ont progressé le long de la route côtière et se trouvaient à une quarantaine de kilomètres de Syrte. D’importants échanges d’artillerie lourde ont éclaté à la mi-journée. « Nos combattants sont déployés et l’idée est d’avancer lentement mais sûrement », a expliqué le commandant pro-CNT Abdel Moustafa.
L’OTAN a annoncé dans son communiqué quotidien avoir mené dimanche des raids sur Syrte et sur Waddan, l’une des trois villes de l’oasis de Jofra (200 km au sud de Syrte), qui selon des commandants pro-CNT recèle de nombreuses caches d’armes.
Malgré les avancées des anti-Kadhafi sur le terrain, l’incertitude demeure sur le plan politique. L’annonce d’un nouveau gouvernement de transition a été reportée sine die dimanche soir, les nouveaux dirigeants n’ayant pas réussi à se mettre d’accord sur sa composition.
La France, en pointe depuis des mois dans le soutien au Conseil national de transition, a minimisé la portée de ce retard : « Il est naturel et légitime que la formation d’un gouvernement pleinement représentatif en Libye prenne du temps », a déclaré Romain Nadal, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. C’est « un exercice difficile dans un pays qui a connu près de 42 ans de dictature », a-t-il insisté, ajoutant que Paris continuait d’inciter le CNT « à nommer, aussi vite que possible, un gouvernement représentatif et opérationnel ».
(Source : AFP)


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