À quelques heures de ce rendez-vous, les déclarations traduisant une certaine fébrilité se multipliaient.
« L’Europe est en danger », a lancé le ministre polonais des Finances Jacek Rostowski, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne, dans un discours aux accents dramatiques devant le Parlement européen à Strasbourg. Si la zone euro se fissurait, « l’Union européenne ne sera pas capable de survivre, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer », a-t-il renchéri, allant jusqu’à évoquer un risque de « guerre ».
Les Européens cherchent désespérément à se sortir du bourbier grec, où ils sont enlisés depuis décembre 2009, réaffirmant presque quotidiennement leur soutien indéfectible à la monnaie unique.
Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon ont ainsi réitéré hier que la France était déterminée à « tout mettre en œuvre pour sauver la Grèce ».
Le président français s’est s’entretenu avec le Premier ministre grec Georges Papandréou et la chancelière allemande Angela Merkel sur la situation financière de la Grèce à l’occasion d’une téléconférence.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont déclarés « convaincus » que l’avenir de la Grèce se trouvait dans la zone euro, après que Georges Papandreou leur eut réaffirmé la « détermination absolue » de la Grèce à respecter ses engagements, a indiqué l’Élysée.
Le Premier ministre grec avait promis de s’engager personnellement à cette occasion auprès de ses principaux bailleurs de fonds sur l’avancement du plan de redressement des finances grecques, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Ilias Mossialis.
Cette conférence a été décidée en vue de la réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro prévue en fin de semaine en Pologne.
Fait inhabituel, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, participera à cette réunion après avoir lancé une série d’avertissements à ses partenaires.
Les Européens « reconnaissent qu’ils vont devoir en faire davantage, ils reconnaissent qu’ils ont pris du retard », a-t-il estimé. « Ils vont devoir agir plus vite », a-t-il ajouté.
Avant lui, le président américain Barack Obama s’est également inquiété de l’enlisement du dossier grec. « La Grèce est évidemment le problème le plus urgent. Et ils sont en train de prendre des mesures pour ralentir la crise, mais pas pour l’arrêter », a estimé mardi le président américain.
Les députés italiens ont approuvé mercredi, lors d’un vote de confiance, le plan d’austérité de 54,2 milliards d’euros qui doit permettre à l’Italie de parvenir à l’équilibre budgétaire en 2013 et de réduire sa dette, alors que le pays reste sous intense pression des marchés (voir par ailleurs).
Mais depuis quelques jours, ce sont surtout les inquiétudes sur la Grèce qui se sont accentuées. Le doute s’est en effet installé sur la capacité du pays à pouvoir respecter ses engagements d’économies et de réformes et l’hypothèse d’une faillite du pays, repoussée par tous les dirigeants il y a peu, gagne du terrain.
Mardi, Mme Merkel avait souligné que « la priorité absolue était d’éviter un défaut de paiement incontrôlé de la Grèce ». Une manière de reconnaître qu’un défaut de paiement bien encadré de la Grèce n’est plus à écarter, afin d’éviter une faillite « subie » qui risquerait de se propager à d’autres pays autrement plus importants, comme l’Italie ou l’Espagne.
Au milieu de cette nervosité générale, les grands pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont fait savoir qu’ils allaient discuter la semaine prochaine de la possibilité de venir en aide à l’Europe.
Mais la Chine a déjà quelque peu douché les espoirs des investisseurs. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a évoqué hier de façon générale un renforcement des investissements chinois en Europe, mais de nombreux opérateurs espéraient l’annonce d’un soutien plus concret à travers le rachat d’obligations des pays européens les plus endettés.
La tension très forte sur les marchés a été un moment renforcée mercredi par l’abaissement par l’agence de notation Moody’s de la note de deux banques françaises, Société Générale et Crédit Agricole, alors que le secteur est très malmené en Bourse en raison de son exposition aux dettes des États européens.
La confirmation par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de la présentation d’une étude sur les options possibles en vue de créer des euro-obligations, mécanisme de mutualisation des dettes entre pays de la zone euro, a semblé toutefois ramener le calme.
Après une ouverture en nette baisse, les marchés européens ont terminé dans le vert.
Sur un autre plan, le Fonds monétaire international a indiqué hier que sa direction avait fait le point avec le conseil d’administration sur la situation de la Grèce, lors d’une « réunion informelle ». « Les services du Fonds continuent leurs travaux, avec les autorités grecques et nos partenaires européens, dans l’intention d’achever la cinquième revue du programme pour soutenir l’économie grecque », a conclu le porte-parole du FMI.
(Source : AFP)


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