Sokourov, 60 ans, dont les premiers films ont été interdits par les autorités soviétiques, a reçu le soutien du Premier ministre Vladimir Poutine pour « Faust ». Tiziana Fabi/AFP
Le film, encensé par plusieurs critiques qui l’ont qualifié de « vertigineux », est placé comme hors du temps. Il suit l’itinéraire du Dr Faust (Johannes Zeiler), gouverné par ses instincts primaires dans une recherche effrénée de pouvoir et d’amour. Tourné en allemand, en Espagne et en Islande, où le réalisateur a fait construire des répliques de villes allemandes du début du XIXe siècle, il se déroule dans une atmosphère grise et jaune étouffante, peuplée de cadavres, de viscères où le malin lui-même, prêteur de gages mi-homme, mi-animal (Anton Adasinskiy) souffre d’ulcères purulents.
Sokourov, 60 ans, dont les premiers films ont été interdits par les autorités soviétiques et qui a en revanche reçu le soutien du Premier ministre Vladimir Poutine pour ce dernier film, affirme que son obsession pour les dictateurs, comme Faust lui-même, remonte à 30 ans. « Dans Faust, tout y est, comme s’il avait été écrit au XXIe siècle », dit-il, en estimant que tous les hommes politiques devraient lire cet ouvrage mythique.
Peu soucieux des modes, et ami d’un autre grand cinéaste russe, Nikita Mikhalkov, Sokourov compte une quarantaine d’œuvres à sa filmographie. Il a filmé les rapports humains (Mère et fils) et les dictateurs (Moloch, Taurus, Le soleil) autant qu’une Russie fantasmée et idéale à ses yeux (L’arche russe).
Le Lion d’argent de la mise en scène est revenu au Chinois Cai Shangjun pour Ren Shan Ren Hai (People mountain, people sea). Le jury, présidé par le cinéaste et producteur américain Darren Aronofsky, réalisateur du Cygne noir, a également récompensé du prix spécial du Jury le film italien Terraferma d’Emanuele Crialese.
Vingt-trois longs métrages, tous projetés en première mondiale étaient en lice, dont Carnage de Roman Polanski, donné favori et reparti bredouille.
(Source : AFP)

