Le Liban est l’un des pays où le nombre de véhicules, qu’il soit rapporté au nombre d’habitants (estimé à un véhicule immatriculé pour chaque trois habitants) ou au nombre de kilomètres de routes bitumées, est le plus élevé au monde. Les rues et les axes routiers de l’espace urbain et péri-urbain ne sont pas calibrés pour le flux de véhicules qui y circulent actuellement. Ce problème n’a cessé d’empirer au cours des vingt dernières années et sa résolution, compte tenu de la croissance effrénée du nombre de véhicules, deviendra de plus en plus difficile au fil des ans. La résolution du problème du trafic dans le Grand Beyrouth devrait faire partie d’un plan d’aménagement du territoire basé sur une décentralisation rationnelle des activités économiques et des services administratifs. On se demande si un tel plan verra jamais le jour ou si le schéma directeur des transports au Liban, qui semble-t-il existe, apporte des solutions concrètes au problème du trafic routier dans la capitale et sa banlieue. En l’absence de solutions efficaces et durables qui nécessitent une planification à long terme ne saurait-on pas mieux gérer la situation actuelle ?
Voici quelques idées :
Le principe de base d’une meilleure gestion du problème du trafic routier dans le Grand Beyrouth est d’une part de ralentir la croissance du nombre de véhicules, et d’autre part de mieux gérer le flux de véhicules en circulation. Il faudrait en premier lieu développer les transports en commun existants (autobus et taxis-services) et les assujettir à une meilleure réglementation tout en les rendant plus attrayants pour qu’ils puissent représenter pour le citoyen un substitut valable à l’acquisition d’une voiture privée. Les autobus assurant le transport en commun sont pour la plupart dans un état délabré et ne semblent pas obéir à des normes communes. De plus leur parcours et leurs stations d’arrêt ne sont pas toujours clairement visibles et leurs conducteurs font peu cas du code de la route. Quant aux taxis-services, des aires de rassemblement pourraient leur être aménagées dans plusieurs points de la capitale pour desservir les différents quartiers. Cette solution, adoptée avant la guerre civile, rendait la vie facile pour les passagers et pour les chauffeurs eux-mêmes, qui sont aujourd’hui constamment en maraude. Si, comme on le laisse entendre, l’établissement de lignes de métro est difficile, voire impossible, en raison des vestiges historiques dont regorge le Beyrouth souterrain, qu’en est-il de la solution monorail qui a été adoptée dans certaines capitales ? Deux lignes de métro ou de monorail reliant respectivement les banlieues sud et nord de la capitale et la région de Furn el-Chebbak à celle de Ras-Beyrouth suivant un tracé qui reprendrait en gros le tracé des lignes du feu tramway, seraient d’ une grande utilité et contribueraient au désengorgement des principales artères.
Dans l’état actuel des choses, l’intensité des flux de trafic augmentera en fonction du nombre de véhicules. L’aménagement de parkings souterrains dans les immeubles n’affecte que le stationnement du parc automobile et ne résout pas le problème des flux en circulation. Une solution, quoique partielle, de ce problème repose sur un meilleur étalement des flux de trafic dans l’espace et dans le temps. Dans ce cadre, l’interdiction stricte aux gros engins desservant les chantiers de construction, de circuler en dehors d’heures précises – très tôt dans la matinée ou en fin de journée – devrait être strictement appliquée et les contrevenants soumis à des amendes dissuasives. Il serait possible d’envisager une limitation de la circulation des véhicules dans certains quartiers souffrant d’engorgements quasi permanents en recourant à un péage qui serait imposé à certaines catégories de véhicules dont les propriétaires ne résident pas dans les quartiers concernés. La mise en place de ce genre de solution serait difficile mais non impossible. Par ailleurs, une meilleure répartition dans le temps des horaires de travail des principales catégories d’employeurs (banques, administrations publiques, etc.) permettrait, autant que faire se peut, de réduire les embouteillages.
Marwan SEIFEDDINE


Bonjour, Etudiante française en stage à l'Institut Français du Proche Orient, je travaille actuellement sur les transports en commun à Beyrouth. Serait-il possible de nous rencontrer prochainement ? Vous remerciant, Bien à vous, Marie BERTRAND.
07 h 21, le 12 septembre 2011