Au lendemain de l’adoption, en Conseil des ministres, du plan de développement de la production électrique, le minisre de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a insisté sur le fait que le plan a été adopté tel qu’il avait été présenté au gouvernement et que l’échelonnement de quatre ans était prévu à l’origine. « Celui qui pense que le plan a été fragmenté a tort », a-t-il martelé.
« Des efforts communs ont permis de réaliser ce pas important (l’approbation du plan), grâce à la fragmentation des dépenses sur une période de quatre ans. C’est le principe que le ministère des Finances avait proposé à la base », a déclaré à son tour le ministre des Finances, Mohammad Safadi.
Qui croire ?
M. Safadi a précisé que « l’idée de l’échelonnement s’est développée et les ministres ont pu en être convaincus, à la suite de discussions approfondies et d’explications exhaustives, fournies pour dissiper les appréhensions de certains et pour répondre aux questions d’autres », a-t-il dit, dans une déclaration qu’il a faite pour se féliciter de la décision du Conseil des ministres. « La fragmentation a facilité les choses et a ouvert la voie au dialogue avec les Fonds arabes et islamiques, pour un financement des étapes ultérieures », a ajouté M. Safadi.
À la LBCI, il a réaffirmé que « les objections étaient formulées au sujet du paiement de l’ensemble de la somme en 2011 » et que son département « a présenté au Parlement une demande d’ajouter la somme de 8 900 milliards de livres au budget de 2005 pour pouvoir financer la première partie du plan approuvé par le Conseil des ministres sous une forme amendée ».
Le ministre des Affaires des déplacés, Alaeddine Terro, a donné la même explication, au sujet de l’amendement du texte, et son collègue de l’Économie, Nicolas Nahas, a expliqué que si le Premier ministre, Nagib Mikati, s’était emporté durant la réunion, « c’est parce qu’il fallait à un moment donné barrer la voie aux options » qui étaient présentées. Il a rejeté les déclarations présentant l’affaire comme une victoire pour M. Bassil. « Il n’y avait pas de défi. Au contraire. Si le ministre de l’Énergie n’avait pas présenté ce plan, nous n’en serions pas arrivés là et si nous n’avions pas établi les mécanismes d’application, nous n’en serions pas là non plus », a-t-il dit.
« J’ai lu une déclaration du ministre Bassil selon laquelle le plan a été approuvé sans modifications et que seule son appellation a changé. Ce n’est pas vrai. Un amendement fondamental a été introduit au plan, pour qu’il devienne conforme aux lois et aux règles en vigueur », a déclaré M. Ahmad Karamé, ministre d’État, à l’agence Akhbar el-Yom.
« Que Dieu lui pardonne »
Ahmad Karamé a commenté le signe du V de la victoire, effectué par son collègue Bassil au terme du Conseil des ministres, en affirmant : « Je ne l’ai pas vu, sinon j’aurai fait moi-même le même signe. Que Dieu lui pardonne. Ce n’était pas une affaire de perte ou de victoire. A-t-il fait ce signe parce qu’il considère qu’il a enregistré une victoire personnelle ou parce que le gouvernement a approuvé le plan ? »
La réponse peut être puisée dans les réactions des députés aounistes. « C’est une réalisation enregistrée par le chef du CPL, le bloc du Changement et de la Réforme et par tous les Libanais, parce que le dossier de l’électricité concerne tout le monde, sans exception », a déclaré le député Alain Aoun à la Voix du Liban, affirmant que le général Michel Aoun « a montré qu’il est un partenaire réel et influent au sein du gouvernement et qu’il est capable de plusieurs réalisations ». L’ancien ministre Wi’am Wahhab pense aussi que c’est le général Aoun qui a « remporté une victoire dans l’affaire de l’électricité ».
Pour en revenir à M. Bassil, tout en relevant que le plan adopté « bénéficie aussi bien aux alliés qu’aux adversaires » et qu’il « brise la règle qui a prévalu pendant 15 ans et qui consistait à suspendre les investissements publics », il a relevé dans sa conférence de presse que « plusieurs déclarations à la presse ont induit l’opinion publique en erreur », soulignant que ce qui avait été présenté au Conseil des ministres était dans les règles. « Le seul changement au plan a été introduit à la demande du ministère des Finances, et nous le comprenons parfaitement, du moment que les besoins du ministère de l’Énergie pour 2012 sont énormes, à cause d’un grand nombre de projets, tels que les gazoducs et les barrages. Il s’agit de tirer une partie des fonds de 2012 et de les répartir sur 2013 et 2014. Le total est resté le même, sans fragmentation des fonds ou des années », a expliqué M. Bassil.
Le ministre a ensuite indiqué que « les menaces de démission étaient nécessaires , même si elles étaient préjudiciables pour le bloc du Changement et de la Réforme ». Il a exprimé l’espoir que le bloc n’aura pas à y recourir de nouveau, avant de juger « nécessaire de mettre les différends politiques de côté, pour assurer les besoins de la population » et d’inviter l’opposition à approuver le projet au Parlement. Ces deux derniers points ont été également repris par le ministre de la Culture, Gaby Layoun, ainsi que par les députés Ibrahim Kanaan et Nabil Nicolas, alors que le ministre d’État pour les Affaires administratives, Mohammad Fneich, notait que « le gouvernement a prouvé qu’il était capable de trouver des solutions aux problèmes qui se posent et qu’il reste homogène et fort ».
Harb : Une victoire pour l’opposition
Dans les rangs de l’opposition, on s’est également félicité de l’approbation du plan, dans la mesure où l’on a considéré que les remarques de l’opposition avaient été prises en compte. C’est ce que le député Boutros Harb a notamment déclaré hier, à l’instar de MM. Antoine Zahra, Khodr Habib, et Atef Majdalani. Tous ont considéré que l’initiative du général Aoun s’est soldée par un échec « dans la mesure où le plan voté est différent du texte initial » et tous se sont dit disposés à examiner le texte au Parlement. M. Harb a notamment salué les ministres « qui ont repris à leur compte les remarques de l’opposition » et « rejeté le chantage politique et les menaces du général Aoun qui prétend des victoires fictives dans une tentative de couvrir le plan-scandale qu’il a essayé d’imposer ».
Au moment où la commission parlementaire des Transports et de l’Énergie examinait durant sa réunion, présidée par M. Mohammad Kabbani, les constantes sur lesquelles le plan de développement de la production électrique devrait être basé, M. Zahra relevait que « les garde-fous posés par le Conseil des ministres au plan Bassil en ont fait un projet de développement dans l’intérêt de la population et l’ont soustrait aux tentatives d’exploitation politique ».
M. Khodr Habib a dénoncé « l’obstination et l’esprit vindicatif du général Aoun et du ministre Bassil couplés d’un manque d’intérêt à l’égard de la capacité du Trésor à assumer d’importantes dépenses ».
« Est-ce que le général Aoun a oublié qu’il a retardé pendant cinq mois la formation du gouvernement Hariri pour pouvoir nommer son gendre à la tête d’un ministère, et qu’il a par la suite retardé de cinq ou de six mois la formation de l’équipe Mikati pour pouvoir rafler 10 ministères. Il a ainsi paralysé le pays pendant 10 mois, provoquant une perte d’un demi-milliard due à la non-application, à cause de lui, du plan prévu pour l’électricité », a relevé M. Habib.


Tant de tintamare pour un droit acquis du citoyen qui soufre depuis 1960 tant de l'électricité que de l'eau . Je me demande ce que Monsieur le général M. Aoun a à foutre ses doigts, rien que pour protéger les intêrets de son fiston de gendre. Que sera la situation du moment où lM. l'ingénieur Bassil revendique aussi les ressources d'hydrocarbures? Tout intelligent qu'il soit, peut-il assumer à ménager toutes ces responsabilités? N'est-il pas plus profitable pour l'Etat libanais de créer un office ou un ministère des hydrocarbures? De cette manière, plus d'une partie auront au moins les moyens d'en profiter. Pauvre Liban, Pauvres Libanais et vive le nipotisme.
18 h 51, le 09 septembre 2011