L’enjeu pour les rebelles est de se positionner au plus près de Syrte, déjà des milliers d’entre eux ont pris position le long de la ligne de front dans l’attente de cette offensive. Les combattants se préparaient à lancer des assauts contre les derniers bastions pro-Kadhafi en cas d’échec de négociations. Les villes de Syrte, Sebha et Bani Walid n’ont plus que deux jours pour déposer les armes, le CNT leur ayant fixé un ultimatum expirant samedi, faute de quoi il décidera d’une offensive militaire. Mais à Bani Walid, les négociations pour une reddition pacifique de la ville se sont arrêtées car « elles n’ont donné aucun résultat », a indiqué un chef militaire du CNT, Abdallah Abou Oussara.
Signe de la victoire des rebelles, la statue symbolisant le régime de Kadhafi, une main dorée écrasant un avion gris qui apparaissait souvent dans ses allocutions télévisées, a été amenée de Tripoli à Misrata.
Le CNT, qui contrôle désormais la majeure partie du pays, a néanmoins annoncé que la bataille pour la « libération » du pays n’était pas gagnée. Son numéro deux, Mahmoud Jibril, a affirmé que seuls les responsables du Fonds souverain libyen ont été maintenus à leurs postes pour pouvoir préserver les avoirs du pays. Mais « nous faisons encore face au plus grand défi », a-t-il affirmé depuis Tripoli.
Localiser l’ex-dirigeant et venir à bout des dernières poches de résistance reste en effet un objectif majeur pour le CNT et pour bon nombre de membres de la coalition internationale intervenue pour protéger les civils de la répression de la révolte. Traqué, l’ex-homme fort de Libye est resté menaçant, ironisant sur les spéculations lancées depuis son entrée en clandestinité avec la chute le 23 août de son QG à Tripoli. « Il ne leur reste plus que la guerre psychologique et les mensonges. Ils ont dit dernièrement qu’on a vu Kadhafi dans un convoi vers le Niger », a assuré l’ex-leader dans un message audio diffusé par Arrai, une télévision arabe basée à Damas, devenue son unique canal de communication. « Nous sommes prêts à Tripoli et partout à intensifier les attaques contre les rats et les mercenaires », a-t-il lancé.
Dans ce contexte, les États-Unis ont demandé aux pays frontaliers de la Libye, dont le Niger, de contrôler et sécuriser leurs frontières. Le Niger, qui a nié que Kadhafi se trouve sur son territoire, s’est engagé à examiner « au cas par cas » les demandes du CNT de livrer des personnalités de l’ancien régime réfugiées sur son territoire. Il n’en reste pas moins que mercredi après-midi, l’ambassade du Niger à Tripoli avait été « saccagée », en signe de protestation. Ces incidents seraient liés à l’arrivée au Niger de plusieurs personnalités proches de l’ex-dirigeant libyen.
Kadhafi, en fuite, « évitera » de franchir la frontière tchadienne, en raison de la présence militaire française dans le pays, a déclaré pour sa part un haut responsable du ministère tchadien des Affaires étrangères.
De son côté, l’OTAN, qui poursuit ses frappes aériennes mais avec une cadence beaucoup plus faible, continuera « tant que subsistera une menace » des forces loyales à Kadhafi, a réaffirmé son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo a demandé quant à lui à Interpol de délivrer une « notice rouge » contre Kadhafi, qui fait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI, « pour des crimes contre l’humanité présumés, à savoir meurtre et persécution ».
(Source : agences)


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