Rechercher
Rechercher

Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Révolte

Syrie : la Ligue arabe tente une médiation pour régler la crise

Le président du CICR se trouve dans le pays depuis samedi ; 12 civils ont été tués hier, selon des militants.
Le régime syrien, en proie à une contestation qui ne faiblit pas, a accepté que le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil el-Arabi se rende à Damas pour trouver un règlement à la crise dans le pays. « J’ai été informé que la Syrie accueillait favorablement » une telle visite, qui aura lieu « probablement cette semaine, a déclaré M. Arabi dans une conférence de presse au siège de la Ligue arabe au Caire. Je vais exprimer l’inquiétude arabe et je vais écouter. » M. Arabi devrait présenter une initiative arabe visant à régler la crise dans ce pays en proie à un mouvement de contestation du régime du président Bachar el-Assad qui se poursuit depuis la mi-mars malgré une répression sanglante. Réunis la veille au Caire, les ministres des Affaires étrangères arabes avaient appelé la Syrie à « mettre fin à l’effusion de sang et à suivre la voie de la raison avant qu’il ne soit trop tard ». Mais les délégués syriens auprès de la Ligue avaient rejeté ce communiqué en le qualifiant de « violation (...) claire des principes de la charte de la Ligue et des fondements de l’action arabe conjointe ».
Sur le terrain, des militants ont fait état de la mort hier de 12 personnes, tuées lors d’opérations sécuritaires dans le nord-ouest et le centre du pays, ces victimes s’ajoutant aux vingt-sept personnes tuées vendredi et samedi dans des opérations des forces de sécurité et de l’armée à travers le pays. « Quatre personnes sont mortes à Karnaz, près de la ville de Maharda », a déclaré Omar Idlebi, porte-parole des Comités locaux de coordination (LCC), un des mouvements animant la contestation contre le régime. Dans la région d’Idleb, « deux personnes ont été tuées à Khan Cheikhoun, trois à Tahtaya et une à Jabala, ainsi qu’une femme à Saraqeb, par des tirs des forces de sécurité qui menaient des opérations », a-t-il ajouté. En outre, « une personne a été tuée par des tirs des forces de sécurité sur un bus dans la ville d’Idleb ». Selon M. Idlebi, « les opérations sécuritaires dans la région sont destinées à traquer le procureur général de Hama, Adnan el-Bakkour », qui avait annoncé sa démission en dénonçant les exactions du régime. M. Bakkour avait annoncé sa démission dans une vidéo diffusée sur Internet mercredi soir, mais les autorités ont démenti ses propos, affirmant que le procureur avait été enlevé et qu’ils avaient été arrachés sous la contrainte. L’agence de presse officielle SANA a pour sa part fait état de la mort hier de six militaires dans le centre de la Syrie. « Un officier, cinq sous-officiers et trois civils ont été tués ce matin à Maharda, dans une embuscade tendue par une bande armée qui a tiré sur un bus transportant des militaires et des ouvriers se rendant à leur travail », a rapporté SANA. L’embuscade a fait également 17 blessés, a ajouté l’agence, selon laquelle trois des assaillants ont été tués et un quatrième grièvement blessé par une patrouille de sécurité.
Néanmoins, l’opposition continuait hier d’organiser des rassemblements contre le régime, notamment à Homs, Deraa, Maaret el-Noman, au Hauran et à Sarakeb dans la province d’Idleb où les manifestants étaient plus de 50 000, selon des militants.
Sur le plan humanitaire, et pour discuter d’un meilleur accès aux détenus et aux zones des violences, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, se trouve depuis samedi en Syrie où il doit rencontrer le président Assad. La chef de la délégation du CICR à Damas, Marianne Gasser, a déclaré que le CICR avait pu se rendre dans des villes en proie aux troubles et s’est dit confiante dans les possibilités de pouvoir commencer à rencontrer des détenus. Lors de la dernière visite de M. Kellenberger en Syrie en juin, un accord avait été conclu sur ces deux sujets, et cette nouvelle visite a pour objectif de « mesurer les progrès accomplis dans ces deux domaines depuis le mois de juin », selon un communiqué du CICR à Genève.
Sur le plan diplomatique, les cinq pays émergents du Brics (Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) sont opposés à une répétition du scénario libyen en Syrie, a indiqué hier le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à Moscou avec son homologue brésilien Antonio Patriota. « Nous proposons que le Conseil de sécurité de l’ONU exige fermement de toutes les parties engagées dans le conflit qu’elles respectent les droits de l’homme et qu’elles commencent à dialoguer », a-t-il ajouté. « Nous ne pouvons pas inciter des forces au sein de l’opposition syrienne à ignorer le dialogue », a-t-il renchéri. Moscou a constamment été opposé à des sanctions contre la Syrie et, tout comme la Chine, a boycotté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le sujet. Vendredi, l’Union européenne a néanmoins adopté un embargo sur les importations de pétrole brut syrien, afin de priver le régime du président Bachar el-Assad de revenus importants, ce que la Russie a désapprouvé.
(Sources : agences et rédaction)
Le régime syrien, en proie à une contestation qui ne faiblit pas, a accepté que le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil el-Arabi se rende à Damas pour trouver un règlement à la crise dans le pays. « J’ai été informé que la Syrie accueillait favorablement » une telle visite, qui aura lieu « probablement cette semaine, a déclaré M. Arabi dans une conférence de presse au siège de la Ligue arabe au Caire. Je vais exprimer l’inquiétude arabe et je vais écouter. » M. Arabi devrait présenter une initiative arabe visant à régler la crise dans ce pays en proie à un mouvement de contestation du régime du président Bachar el-Assad qui se poursuit depuis la mi-mars malgré une répression sanglante. Réunis la veille au Caire, les ministres des Affaires étrangères arabes avaient appelé la Syrie à...