Rechercher
Rechercher

Culture - Portrait D’Artiste

René Pape entre dieux, rois et démons...

Comme son nom ne l’indique pas, René Pape est une basse allemande. Une voix d’autorité. Une voix profonde, grave, redoutable. Une voix qui incarne une galerie de personnages allant des prêtres et des pères à celle des dieux, des rois ou des démons. Lumière sur René Pape, un chanteur d’opéra qui, en une décennie, a fait un parcours exceptionnel et éclatant qui le mène de Berlin (où il vit actuellement) jusqu’à New York où il triomphe.

René Pape.

Pour cette voix qui semble jaillie du ventre de la terre, caverneuse et saisissante, avec de lumineuses zones d’ombre veloutées, René Pape, né à Dresde en 1964, a aussi un remarquable physique de jeune premier. Chanteur de charme, on le dirait un vague parent à Charles Bronson par sa peau lisse et ses traits durs et virils.
Qu’il soit teint en blond vénitien ou brun comme un Mexicain, cet Allemand de quarante-sept ans a le talent des métamorphoses. Il change de peau avec les inflexions de sa voix qui l’habillent aussi bien du Sarastro mozartien que du roi Mark et des forêts wagnériennes que des accents lyriques de Don Carlos de Verdi ou des fureurs de Boris Godounov de Modest Moussorgsky.
Tout commence avec le divorce de ses parents. L’enfant est alors livré à sa grand-mère, férue d’art et particulièrement de musique. Initiation sans difficulté, car le jeune René Pape entre avec mention, à huit ans, au Conservatoire de Dresde où le timbre de sa voix ne passe pas déjà inaperçu. Et son premier enregistrement, sur le vif, a déjà lieu en 1991 lorsqu’il interprète le Requiem de Mozart.
Marié et père à vingt-cinq ans, le succès lui sourit très vite. Les rôles se succèdent et, en 1995, il triomphe simultanément dans la Flûte enchantée de Mozart (bien sûr Sarastro a la gaine de sa voix) en Allemagne et fait des débuts fracassants au Metropolitan Opera de New York en campant un roi Mark hors pair dans Tristan et Isolde de Wagner.
En moins de dix ans, les bacs se remplissent de sa discographie. Fidelio de Beethoven, Lohengrin et Tannhauser de Wagner, Bastien et Bastienne de Mozart ont été revisités par sa voix.
Dix CD et dix DVD pour ses prestations vocales et scéniques s’imposent sur le marché.
Entre-temps, il chante déjà avec les plus grands. On le voit aux côtés de Thomas Quasthoff, Anna Netrebko, Bryn Terfel, Roberto Alagna (admirable Méphistophélès dans un Faust monté aux Chorégies d’Orange en 2008), Elena
Garanca.
Côté direction, il aborde les baguettes les plus prestigieuses : Daniel Barenboïm, Riccardo Mutti, Claudio Abbado et Antonio Papano.
Son éclectisme dans le répertoire de l’art lyrique laisse les auditeurs et les spectateurs toujours sur leur faim et avec des surprises de taille. C’est en toute simplicité qu’il revendique son droit à la liberté. Liberté de choisir ses personnages, ses voyages (il a connu une Allemagne scindée en deux), ses partitions.
Certains à l’humeur maussade et revêche lui ont reproché ses rôles de père quand sa jeunesse ne pouvait même pas être voilée par des tonnes de maquillage... Entre malice et ironie, il a alors cette réponse savoureuse : « Il vaut mieux jouer le rôle d’un père à vingt ans qu’un jeune amant à soixante ans ! »
Quoi écouter de cette basse aux tonalités imposantes, sourdes et drues ? Certainement ce CD rare édité par Deutsche Grammophon d’un récital dirigé par Sebastien Weigel où la voix de René Pape, fidèle à sa réputation d’autorité, fait vivre dieux, rois et démons exhumés avec un talent extrême. En ces moments d’indocilité et de révolte, une belle revanche pour la nudité de la force et du pouvoir. Les vrais. Sans masques ni parures de faussets « néronesques »...
Pour cette voix qui semble jaillie du ventre de la terre, caverneuse et saisissante, avec de lumineuses zones d’ombre veloutées, René Pape, né à Dresde en 1964, a aussi un remarquable physique de jeune premier. Chanteur de charme, on le dirait un vague parent à Charles Bronson par sa peau lisse et ses traits durs et virils. Qu’il soit teint en blond vénitien ou brun comme un Mexicain, cet Allemand de quarante-sept ans a le talent des métamorphoses. Il change de peau avec les inflexions de sa voix qui l’habillent aussi bien du Sarastro mozartien que du roi Mark et des forêts wagnériennes que des accents lyriques de Don Carlos de Verdi ou des fureurs de Boris Godounov de Modest Moussorgsky.Tout commence avec le divorce de ses parents. L’enfant est alors livré à sa grand-mère, férue d’art et particulièrement de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut