Le FMI, dirigé par Christine Lagarde, estime que si les banques du Vieux Continent inscrivaient à leur bilan les obligations des États de la zone euro à la valeur du marché, leurs fonds propres chuteraient de 10 à 12 %. Timothy A. Clary/AFP
Mais des incertitudes pèsent sur ce scénario. Un rapport de contrôle budgétaire grec, révélé mercredi, affirme que la dette du pays est « hors de contrôle », ce qui menace le second plan d’aide au pays. Athènes a cherché hier à minimiser, tandis que la Commission européenne a renvoyé aux travaux de la troïka (UE-BCE-FMI), actuellement dans le pays pour effectuer sa traditionnelle revue des comptes publics grecs, nécessaire à l’obtention d’une nouvelle tranche d’aide. Mais ces informations surviennent alors que les derniers chiffres grecs sont préoccupants. La croissance devrait se contracter de plus de 4,5 % en 2011, contre 3,5 % initialement, tandis que la dette grecque a atteint 350 milliards d’euros.
« Alors que les États européens n’ont pas encore validé le nouveau plan de soutien à la Grèce à travers le renforcement du Fonds de soutien (FESF), il va falloir plancher dans l’urgence sur un nouveau projet qui tiendra compte des dernières évolutions économiques », estiment les analystes du CM-CIC Securities. « Le second plan d’aide devrait suffire pour laisser la Grèce hors des marchés plus longtemps que prévu », estime, moins pessimiste, Frédéric Ducrozet, spécialiste de la zone euro pour Crédit agricole CIB. À condition de surmonter les nombreux obstacles pour le boucler, avec notamment la question de garanties exigées en contrepartie de ses prêts par la Finlande et le niveau réel de participation prévue – pour la toute première fois – des banques créancières du pays.
La révélation mi-août d’un accord trouvé entre Helsinki et Athènes, dans le cadre du second plan d’aide au pays, a ravivé les dissensions au sein de la zone euro, de nombreux pays s’indignant de ce type d’arrangement bilatéral. Quelques États ont, eux, demandé le même traitement de faveur. Ce couac a ralenti les discussions sur la finalisation du second plan d’aide à la Grèce, qui devait s’achever à l’origine fin août-début septembre. Une solution semble être proche. L’idée serait de trouver une formule qui satisfasse la Finlande, qui soit en théorie disponible pour tous les pays de la zone euro afin d’éviter l’iniquité, mais en même temps suffisamment peu attractive pour éviter des demandes du même type, selon des sources diplomatiques européennes.
Autre écueil : la participation des banques pourrait ne pas être assez importante, alors que le FMI a jeté une ombre sur leur santé financière. Selon des informations de presse, l’instance dirigée par la Française Christine Lagarde estime que si les banques du Vieux Continent inscrivaient à leur bilan les obligations des États de la zone euro à la valeur du marché, leurs fonds propres chuteraient de 10 à 12 %, d’où un besoin urgent de recapitalisation. Des propos qui ont suscité l’ire en Europe, les responsables se réfugiant derrière les résultats des tests de résistance rendus public en juillet dernier.
En attendant, le second plan d’aide à la Grèce ne sera viable qu’avec une participation de 90 % des établissements créanciers du pays. Ils ont jusqu’à la semaine prochaine pour faire connaître leurs intentions.
(Source : AFP)

